RSA : prendre sur les profits !

22 Septembre 2021

Campagne présidentielle oblige, le Premier ministre, Jean Castex, était en Seine-Saint-Denis, mardi 21 septembre, pour reparler des promesses passées et futures de Macron, président-candidat.

Castex avait dans son chapeau la renationalisation du RSA, pour pouvoir dire que l’État s’engage à desserrer un tout petit peu le nœud qui étrangle le département. Mais cela ne changera rien au sort de ceux qui sont sommés de vivre avec 565,34 euros par mois.

La promesse avait été faite en 2020, pour ce département, le plus pauvre de France métropolitaine. En effet, pour verser le RSA aux 90 000 foyers qui le touchent, le département a déboursé 551 millions d’euros en 2021. La compensation de l’État ne suffisant pas, il lui est resté 220 millions à charge. Cette somme a augmenté de 120 % depuis 2012. Non seulement l’État se décharge de cette dépense sur les départements mais surtout la pauvreté a tellement augmenté que le nombre d’allocataires ne cesse de croître.

Le gouvernement voudrait faire croire que la situation s’améliore, en parlant de reprise économique et en sortant des chiffres sur la baisse du nombre d’allocataires au début de l’année. Mais la réalité est autre. Malgré cette baisse infime, près de 2 millions de personnes n’ont plus que le RSA pour vivre, soit un demi-million de plus qu’en 2010 : la pauvreté augmente sans cesse dans le pays.

Non seulement le patronat, avec l’aide des gouvernements à son service, enfonce une partie du monde du travail dans la pauvreté, mais il ne veut pas en payer les conséquences sociales. Ce sont les collectivités locales et l’État qui déboursent des millions pour empêcher que ces personnes sombrent dans une misère noire. C’est bien le moins qu’un département comme la Seine-Saint-Denis obtienne de l’État qu’il compense ces dépenses, même si pour l’instant ce n’est qu’un test de cinq ans, et rien ne dit qu’après 2022 le futur gouvernement reprendra cette mesure.

Mais, surtout, il n’est pas acceptable qu’une partie des classes populaires doive vivre d’allocations tellement faibles qu’elles ne permettent que de survivre. Le patronat contribue par sa politique au pourrissement de la société. Seuls les travailleurs, en imposant de prendre sur les profits pour assurer à tous des emplois, des salaires dignes et des allocations permettant de vivre, pourront lui donner un autre avenir.

Marion AJAR