République démocratique du Congo : les pollueurs doivent payer !

22 Septembre 2021

Jeudi 2 septembre, la ministre de l’Écologie de la République démocratique du Congo a demandé à l’État angolais des réparations financières après la grave pollution des rivières de la province de Kasaï, dans le sud du pays, occasionnée par l’exploitation d’une grande mine de diamant.

Le 27 juillet dernier, un incident technique dans la mine angolaise de Catoca a en effet entraîné une grave pollution de la rivière Tchikapa, qui se jette dans un affluent du fleuve Congo.

Les rivières sont devenues rougeâtres, déversant les cadavres d’innombrables poissons et d’hippopotames. Près d’un million d’habitants de la province de Kasaï ont été touchés, parmi lesquels le gouvernement congolais a recensé douze morts et des milliers de malades souffrant de diarrhées et d’éruptions cutanées.

Le 9 août, la compagnie minière de Catoca a officiellement reconnu que des résidus de déchets miniers se sont déversés dans la rivière, après la rupture d’un barrage. Mais, ayant depuis réparé la fuite, elle considère que l’incident est clos. Sans surprise, l’État angolais lui emboîte le pas. Contre l’évidence, il émet des doutes quant au fait que la pollution ait pu traverser les frontières congolaises !

Le secteur du diamant est un des plus lucratifs. Au premier trimestre 2021, son chiffre d’affaires a atteint 220,3 millions de dollars, en augmentation de 26,43 %. La mine de Catoca est le premier producteur de diamants de l’Angola et la cinquième plus grande mine de diamants du monde. C’est dans les fortunes de ses actionnaires et des diamantaires qu’il faut prendre l’argent pour indemniser les habitants intoxiqués et dépolluer les rivières contaminées.

Julie LEMÉE