Paracétamol : petites affaires entre amis

22 Septembre 2021

Le Premier ministre, Castex, est venu inaugurer le 6 septembre la future usine de paracétamol de Roussillon en Isère.

C’est le groupe de chimie pharmaceutique Seqens qui assurera cette production, prévue à 10 000 tonnes par an, et qui répondra à environ un tiers des besoins français et européens. Et en prime, cette usine sera propre.

Cela va dans le sens de la relocalisation dont gouvernement, partis politiques, médias et directions syndicales parlent tant, car sur ce site Rhodia avait déjà fabriqué du paracétamol, avant de fermer ses portes en 2008, pour produire moins cher ailleurs. Mais aujourd’hui le marché du paracétamol est en hausse dans le monde entier et les besoins augmentent.

Seqens devrait investir 100 millions d’euros, mais l’État français, dans le cadre du plan de relance, offre gracieusement 40 millions, sans aucune garantie bien sûr sur la durée de l’aventure. Pour produire 10 000 tonnes par an, avec des procédés très modernes, au maximum 60 à 100 emplois directs et indirects seraient créés. Les 40 millions représentent donc quand même environ 500 000 euros par salarié, et de quoi les payer, charges et salaires compris, à peu près pendant quinze ans. Sanofi et UPSA se sont engagés à acheter une partie de la production pendant dix ans. Il n’y a donc pas de risque pour les dirigeants dans l’avenir proche, sans préjuger de ce qu’il adviendra ensuite.

Seqens est un grand groupe de la chimie pharmaceutique, avec 3 200 salariés dans le monde et un chiffre d’affaires de plus d’un milliard en 2020. Cette relocalisation est donc une occasion pour Seqens de s’enrichir encore, avec en particulier l’argent que le gouvernement verse généreusement à des groupes tels que lui.

Correspondant LO