Mali : la sale guerre de l’impérialisme français

22 Septembre 2021

Macron a annoncé dans la nuit du 15 au 16 septembre par Twitter la mort de Abou Walid al-Sahraoui, fondateur et leader du groupe djihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), qui agit dans la zone dite des « trois frontières », aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

La mort du djihadiste remonterait à la mi-août, le ministère des Armées confirmant qu’il avait été tué par un drone. Se réservant la primeur de l’information, Macron a cherché à se prévaloir d’un succès pour faire oublier un contexte moins glorieux pour son gouvernement. En effet, depuis plusieurs semaines, la junte au pouvoir à Bamako négocie l’arrivée au Mali de mercenaires russes de la société Wagner. La coïncidence entre la jubilation affichée par Macron sur les réseaux sociaux et le camouflet infligé à l’État français par les États-Unis dans l’affaire des sous-marins à l’Australie n’est sans doute pas non plus fortuite.

Quoi qu’il en soit, la mort de Abou Walid al-Sahraoui n’annonce en rien qu’un pas aurait été fait vers un retour à la paix pour les populations sahéliennes. Certes, Macron a annoncé la fin de l’opération Barkhane en 2022, et le retrait d’une grande partie des troupes françaises, mais les soldats des forces spéciales resteraient dans cette région, et les opérations aériennes se poursuivraient, avec notamment l’utilisation de drones, comme dans l’opération ayant entraîné la mort du chef djihadiste.

En juillet, l’armée française avait déjà annoncé la mort de plusieurs dirigeants de l’EIGS, qui serait désormais décapité. Mais, outre que l’EIGS n’est pas le seul groupe djihadiste dans la région, la traque et l’exécution des leaders de ces groupes ne tariront en rien les sources du recrutement djihadiste. L’issue de l’intervention américaine en Afghanistan vient de démontrer l’impasse à laquelle conduit la prétendue guerre au terrorisme. C’est pourtant cette légende que Macron continue d’entretenir pour justifier le maintien et l’action des troupes françaises au Sahel et les faire accepter, voire applaudir, en France. En fait, ce que Macron défend avec la peau des soldats français et des populations locales, ce sont les intérêts de l’impérialisme et des grandes sociétés.

Boris SAVIN