Gens du voyage : de Pétain à Macron, la même démagogie

22 Septembre 2021

Lors de son discours à l’école de police de Roubaix, en clôture du « Beauvau de la sécurité », Macron s’en est pris aux gens du voyage, annonçant la mise en place d’une amende forfaitaire à partir d’octobre pour les occupations de terrains jugées illicites.

D’Estrosi, qui se proposait de mater ceux qu’il considérait comme des délinquants, à Valls, qui estimait que « les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie », en passant par Sarkozy et les « problèmes posés par certains gens du voyage », nombreux sont les politiciens à avoir flatté les préjugés anti-Roms à des fins électoralistes.

Considérant qu’expulser manu militari des familles entières ne suffisait pas, Macron se targue de vouloir faire « mal là où ça fait vraiment mal », en s’en prenant au porte-monnaie pour sanctionner ce qu’il considère comme des « situations inacceptables ».

Ce qui est réellement inacceptable, ce sont les conditions dans lesquelles vivent les gens du voyage. Dans les aires d’accueil, l’accès à l’eau et à l’électricité n’est pas toujours garanti, ou leur est surfacturé, le nombre de sanitaires est insuffisant. Ces terrains, chèrement loués, sont bien souvent situés à des kilomètres des services publics et à proximité immédiate de sources de pollution : autoroutes, usines, décharges. Ils sont en nombre insuffisant, 82 % des départements ne disposant pas du nombre requis. Mais, plutôt que d’obliger les collectivités locales à respecter la loi, Macron préfère s’en prendre aux plus pauvres, comme à son habitude.

David Mencas