États-Unis : avec Biden, les migrants restent à la porte

22 Septembre 2021

Mardi 21 septembre, près de 15 000 migrants, en majorité des Haïtiens, étaient regroupés sous un pont à Del Rio, au Texas, dans l’espoir d’obtenir une autorisation de séjour aux États-Unis.

Arrivés en quelques jours depuis le Mexique, ces migrants étaient installés dans un campement de fortune. Le maire de Del Rio a déclaré l’état d’urgence et fermé à la circulation le pont qui traverse le Rio Grande et la frontière mexicaine, dénonçant une situation sanitaire déplorable : « des femmes qui accouchent, des gens qui s’évanouissent à cause de la température ». Une photo de presse montrant des gardes-frontières fouettant ces migrants a choqué l’opinion américaine.

Ses adversaires républicains accusent Biden d’avoir attiré les migrants avec un discours moins ferme que celui de Trump, qui s’était fait élire sur la promesse, entre autres, de fermer la frontière entre les États-Unis et le Mexique par un mur payé par les Mexicains eux-mêmes. Mais, depuis l’arrivée au pouvoir de Biden, 1,3 million de migrants, un nombre record, ont été interpellés à la frontière du Mexique. Certains ont pu espérer que la fin du mandat de Trump allait leur offrir plus de chances pour rejoindre les États-Unis, mais Biden n’a pas plus que son prédécesseur ouvert les frontières ou arrêté les expulsions de migrants.

Fin août, des associations ont écrit au président américain pour lui demander d’arrêter les expulsions de Haïtiens, étant donné la situation terrible du pays. Mais, dimanche 19 septembre, trois vols d’avions remplis de migrants expulsés ont atterri à Port-au-Prince, et six autres vols devaient suivre mardi 21 septembre.

Ce n’est pas la première fois que des milliers de migrants affluent à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. En novembre 2018, sous la présidence de Trump, une caravane de migrants venus de pays d’Amérique centrale avait pris la direction des États-Unis. Cela avait conduit au renforcement du partenariat entre États-Unis et Mexique pour les empêcher de passer.

Mais aucune mesure, aussi dure soit-elle, ni aucun président américain ne pourra empêcher que des êtres humains cherchent à fuir l’insécurité, les persécutions politiques, ou tout simplement la misère, fléaux que la domination des puissances impérialistes sur le monde ne cesse d’entretenir.

Hélène COMTE