Établissements de santé : non aux sanctions !

22 Septembre 2021

L’obligation vaccinale pour le personnel des établissements de santé et médico-sociaux, les aides à domicile et les pompiers est entrée en vigueur.

Pour tous ceux-là, sauf contamination récente ou contre-indication médicale, avoir reçu au moins une dose du vaccin est devenu obligatoire depuis le 15 septembre, ceux qui s’y refuseraient étant menacés d’être suspendus et privés de salaire.

Malgré les doses injectées à la dernière minute, les congés posés et probablement aussi l’attitude de certaines directions peu désireuses de faire face aux conséquences des suspensions, 3 000 travailleurs déjà auraient été suspendus pour une durée indéfinie à partir du 15 septembre.

La presse évoque le cas de 47 pompiers en Dordogne, 340 travailleurs de l’AP-HP à Paris, 450 du CHU de Nice, 100 de Perpignan et autant de l’hôpital psychiatrique d’Avignon, 76 du CHU de Brest, environ 50 à Valence et à Troyes, 60 aux Hospices civils de Lyon… La situation serait plus préoccupante encore dans les Ehpad : selon l’association des directeurs au service des personnes âgées, dans le Rhône, environ un salarié sur sept aurait été suspendu.

Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, les soignants seraient minoritaires parmi les sanctionnés. Les suspensions concerneraient « essentiellement du personnel des services supports, a-t-il déclaré, la continuité des soins a été assurée ». Mais il n’est pas moins scandaleux de suspendre un ouvrier d’une blanchisserie hospitalière ou un employé administratif que de priver de salaire un infirmier.

Quant à prétendre que ces milliers de suspensions ne représenteraient qu’une goutte d’eau, en regard des 2,7 millions de soignants que compte le pays, et que cela n’aurait aucune conséquence pour les patients, est un mensonge !

Alors que les hôpitaux et les Ehpad sont en permanence en sous-effectif, ces suspensions rendent la situation encore plus catastrophique. Pour y faire face, bien des services ont été contraints de réduire leur capacité d’accueil, notamment en fermant des lits. Le gouvernement, qui prétend se soucier de l’intérêt général et de la santé publique, n’a rien prévu.

Les travailleurs qui se sont rassemblés le mardi 14 septembre pour dénoncer les menaces de sanction à l’encontre de leurs collègues non vaccinés ont eu mille fois raison. Rien ne peut justifier qu’on prive un travailleur de son salaire, et le personnel de santé n’a aucune leçon à recevoir d’un Macron ou d’un Véran, ni en matière de santé publique, ni dans aucun autre domaine.

Sacha Kami