RSA : au patronat de payer !

15 Septembre 2021

L’État envisage de prendre à sa charge les sommes nécessaires pour le versement du RSA (revenu de solidarité active) en Seine-Saint-Denis.

En effet, dans ce département, comme dans la plupart des départements populaires, le nombre d’allocataires ne cesse d’augmenter et le budget de cette collectivité locale explose.

Depuis 2003, l’État s’est déchargé du versement du RMI (ancêtre du RSA) sur les conseils généraux, nom à l’époque des conseils départementaux, comme il l’a fait pour bien d’autres dépenses sociales. La Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France, compte 90 000 allocataires du RSA, soit un habitant sur 18 alors que la moyenne nationale est d’un habitant sur 33. La seule ville d’Aubervilliers comptait 7 500 allocataires en 2019, soit 20 % de plus qu’en 2009. Ainsi, malgré la participation de l’État, le reste à charge pour le département est de 220 millions d’euros par an.

Il reste que, versé par les départements ou par l’État, c’est l’argent public qui finance le RSA. En France, deux millions de personnes touchent l’allocation de RSA, dont le montant s’élève à 564,34 euros. Ce n’est pas suffisant pour vivre correctement, mais c’est la seule source de revenus pour nombre de foyers qui n’ont même plus droit aux allocations chômage.

C’est le patronat qui est responsable du chômage de masse et de la pauvreté qui en découle. C’est sur ses profits qu’il faut prendre de quoi assurer une allocation digne de ce nom à tous ceux qui en ont besoin. Et cela aussi longtemps que les travailleurs n’auront pas imposé au patronat de payer pour que tous aient un emploi avec un revenu correct.

Denis Aler