Logements : plus petits et plus chers

15 Septembre 2021

Une étude vient de montrer qu’en vingt ans la taille moyenne des logements construits en Île-de-France a diminué, jusqu’à 15 m² de moins dans l’Essonne. La qualité des constructions a aussi reculé, avec des murs de moins en moins épais, isolant peu du bruit.

Ce n’est pas que les Franciliens préfèrent aujourd’hui l’exiguïté et tout entendre de ce qui se passe chez les voisins. Ce sont les promoteurs immobiliers qui ont fait le choix de diminuer les surfaces pour construire plus de logements par immeuble. Le but n’est pas de résoudre la crise du logement mais de profiter au maximum de la hausse des prix de l’immobilier – presque un doublement depuis 2000 – en commercialisant plus d’appartements sans investir plus.

Il est caractéristique que ce soit dans la grande couronne que les surfaces aient le plus rétréci, alors qu’elles n’ont presque pas évolué à Paris, où les ménages aisés peuvent financer leurs désirs. Au contraire, les familles populaires ne peuvent se loger que loin de Paris, et même en grande banlieue la spéculation immobilière a fait monter les prix du mètre carré. Elles doivent donc s’entasser dans de plus petits logements.

Ainsi, dans ces logements construits récemment, 30 % des chambres ne peuvent pas accueillir de lit double de façon convenable ! La surface plus petite des séjours pose aussi problème à une époque où le télétravail se répand. Même les balcons, bien agréables à la belle saison quand ils existent, ont une profondeur limitée, interdisant d’y mettre une table et deux chaises dans presque deux logements neufs sur trois.

La croissance des inégalités sociales se reflète ainsi jusque dans la taille des logements.

Lucien DÉTROIT