Hausse des prix : au bonheur des grandes fortunes

15 Septembre 2021

La hausse des prix dans les commerces s’accélère, s’ajoutant à celle des loyers, des assurances, de l’essence, du gaz, etc.

Celles et ceux qui, à la sortie du supermarché, comparent leur ticket de caisse aux précédents sont bien placés pour connaître l’ensemble des hausses attaquant leur pouvoir d’achat, mieux que l’Institut national de la statistique dont l’indice d’août enregistre une augmentation de 0,6 % seulement par rapport à juillet et de 1,9 % par rapport à l’an dernier. À l’autre bout, et ce n’est pas une coïncidence, le patrimoine cumulé des cinq cents plus grandes fortunes de France a augmenté de 30 % en un an.

Dans ce palmarès, on trouve pêle-mêle des familles propriétaires de chaînes de supermarchés et d’entreprises industrielles. Dans l’agroalimentaire par exemple, Emmanuel ­Besnier et sa famille, qui possèdent Lactalis, ont vu leur patrimoine passer en un an de 9,9 à 12 milliards d’euros. Une société moins connue, ­Lesaffre, dont le capital est réparti entre 400 actionnaires issus de la famille du même nom, exploite 10 500 salariés dont 2 600 en France. Ils fabriquent entre autres des levures, qui servent non seulement à la fermentation du pain mais aussi à celle de la fortune des propriétaires, estimée à 2,7 milliards d’euros. La famille Lambert, qui fait dans la volaille, a vu l’estimation de sa fortune baisser de 100 millions d’euros, il lui en reste tout de même 700 millions, tandis que, pour les confitures et les produits laitiers, ­Andros passe de 1,1 à 1,3 milliard d’euros. Du côté de la grande distribution, la fortune de la famille Mulliez, propriétaire ­d’Auchan, Kiabi, Decathlon, Leroy Merlin, Boulanger, Norauto, Flunch, au total 130 marques ou enseignes, a baissé de 2,6 à 2,4 milliards d’euros. Cela ne met pas sur la paille les huit cents personnes regroupées dans l’Association familiale Mulliez (AFM) qui s’affiche sur un boulevard de Roubaix.

Comment accepter que des capitalistes, y compris ceux qui réalisent leur profit en vendant leurs marchandises aux milieux populaires, continuent à pressurer deux fois les travailleurs, une première en tant que salariés et une seconde quand ils viennent acheter leurs produits ? Pour se préserver dans cette société en crise, les travailleurs devront s’affranchir des secrets industriel, commercial et bancaire de façon à pouvoir contrôler les finances des grandes sociétés ainsi que les fortunes privées des capitalistes et de leurs affiliés. Mais pour cela il ne faut pas compter sur les organismes institutionnels. Seuls les travailleurs organisés pourront exercer un contrôle des prix réel et sérieux.

Pour pouvoir mettre en question le choix des entreprises, les prix qu’elles pratiquent, les sommes qu’elles investissent dans des produits utiles ou pas, ce qu’elles payent comme dividendes et à qui, un tel contrôle est indispensable.

Jean SANDAY