Guadeloupe : plusieurs dizaines de grèves

15 Septembre 2021
La grève générale contre l’obligation vaccinale et le passe sanitaire annoncée par les syndicats à partir du 9 septembre en Guadeloupe n’a pas été massivement suivie mais, pendant quatre jours au moins, dans une trentaine d’entreprises, elle a été effective.

La participation a varié de 10 % jusqu’à parfois 50 % de grévistes. Les grèves ont touché quatorze établissements de santé, dont le CHU, la plupart des laboratoires de santé, ArcelorMittal, Pôle emploi, l’Institut médico-éducatif du Moule, l’ONF (office national des forêts) pendant 24 heures, les pompiers.

Le 10 septembre, environ 300 personnes, soignants et soutiens, ont manifesté au CHU de Pointe-à-Pitre pour exiger le retrait de l’obligation vaccinale et du passe sanitaire. Des soignants d’une dizaine d’établissements de santé ont pris la parole pour dénoncer les conditions catastrophiques de leur travail, où le manque de matériel et de personnel n’a jamais été compensé malgré la crise sanitaire !

Le lendemain, samedi 11 septembre, 400 travailleurs ont défilé dans le centre de Pointe-à-Pitre. Mardi 14, les grèves se poursuivaient encore à l’entreprise ArcelorMittal, à l’institut médico-éducatif du Moule, à Pôle emploi, chez les pompiers. Une assemblée générale des travailleurs de l’hôtellerie devait se tenir dans l’après midi pour décider des luttes à mener.

Ces journées montrent qu’une fraction des salariés n’entend pas laisser passer sans réagir avec détermination les sanctions prévues par le gouvernement en cas de non vaccination des travailleurs. Le climat de menace s’alourdit avec les rappels réitérés à « obéir » sous peine de suspension de salaire, venant des chefs d’entreprise et de ceux des établissements hospitaliers. La colère, les luttes et les grèves des travailleurs sont une première riposte à cette ambiance militariste dans les entreprises.

Pierre JEAN-CHRISTOPHE