Éducation : catastrophe permanente et épidémie

15 Septembre 2021

Comme on pouvait s’y attendre, le ministre Blanquer s’est déclaré satisfait de la rentrée scolaire qui se solde par 3 000 classes fermées du fait de la circulation du virus, soit 0,5 % des classes.

Pour lui, tout va bien. Mais ce n’est pas l’avis des parents, des enseignants, et surtout des jeunes eux-mêmes, qui s’inquiètent des conséquences catastrophiques de presque deux années scolaires chaotiques marquées par le confinement total, puis partiel, et un enseignement à distance impossible.

Les dégâts s’étaient fait sentir dès la rentrée 2020, après une fin d’année scolaire marquée par deux mois de confinement. La situation s’est encore aggravée depuis : difficultés dans l’apprentissage de la lecture en particulier, problèmes de concentration, problèmes de sommeil, conséquence du confinement et de mois sans rythme régulier. Ces difficultés sont accrues par les conséquences de la crise. En effet, dans nombre de familles, un des parents voire les deux se sont retrouvés au chômage, ou n’ont touché qu’une partie de leur salaire. Des jeunes vivent dans des familles menacées d’expulsion, ou dépendantes de l’aide alimentaire.

Les syndicats enseignants dénonçaient dans un communiqué commun daté du 20 août le refus du gouvernement « de créer un collectif budgétaire pour la création de postes d’enseignants, de conseillers d’éducation, d’assistants d’éducation, de psychologues scolaires, […] et d’annuler les suppressions de postes, notamment dans le second degré où le déploiement d’heures supplémentaires est une réponse inadaptée ». On assiste en effet à une rentrée où les élèves, dont beaucoup se disent perdus, s’entassent dans des classes à 28, 30 ou 35, sont confrontés à l’absence de professeurs remplaçants et plus généralement au manque d’adultes, dont la présence est indispensable pour faire fonctionner un établissement scolaire.

À cela s’ajoutent les effets des réformes mises en place par Blanquer qui aboutissent à réduire de plus en plus les heures allouées à de nombreuses matières, car faire des économies est toujours au programme du gouvernement. C’est particulièrement vrai dans la filière professionnelle où les horaires des matières de culture générale, telles que le français, l’histoire-géographie ou les langues, ont fondu comme neige au soleil.

À n’en pas douter, il y a au moins un enseignement que nombre de jeunes tireront de cette situation : l’éducation de la jeunesse, en particulier celle des classes populaires, est le cadet des soucis du gouvernement et de la classe sociale qu’il sert.

Aline RETESSE