Covid : double peine pour les pays pauvres

15 Septembre 2021

Dans les pays pauvres, la pandémie de Covid-19 a eu un effet catastrophique sur la lutte contre d’autres maladies connues de longue date, comme la tuberculose, le sida ou le paludisme.

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme indique que, entre 2019 et 2020, le nombre de personnes traitées pour une tuberculose pharmacorésistante a chuté de 19 %, et de 37 % celui de personnes traitées pour les formes de tuberculose ultrarésistante. Près d’un million de patients n’ont pas été soignés.

Pour les malades du sida, les conséquences sont aussi dramatiques. Le nombre de personnes ayant accès aux programmes de prévention a diminué de 11 % et le nombre de tests de dépistage de 22 % par rapport à 2019. Pour le paludisme, le dépistage des cas suspects a diminué de 4 % par rapport à l’année précédente.

Dans tous les pays pauvres, les hôpitaux ont été débordés et les systèmes de santé, déjà bien incapables de répondre aux besoins des populations, ont été obligés de faire des choix. C’est ce qui s’est passé aussi dans les pays riches, avec des hôpitaux au bord de la rupture obligés de repousser des opérations. Mais en Afrique la situation est pire encore, les populations encore plus abandonnées et livrées au Covid, à la tuberculose, au sida, au paludisme, etc.

Le Fonds mondial de lutte réclame en urgence des moyens financiers et humains pour ces pays qui manquent de tout, notamment de vaccins. Ces moyens existent mais, faute d’en disposer, les morts supplémentaires victimes du sida, de la tuberculose et d’autres maladies se compteront par milliers. Alors il faut d’urgence la levée des brevets des vaccins et leur mise à disposition pour la population mondiale.

Cédric DUVAL