Buzyn mise en examen : l’incurie sanitaire continue

15 Septembre 2021

Vendredi 10 septembre, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a été mise en examen pour mise en danger de la vie d’autrui, après son audition par des magistrats de la Cour de justice de la République.

Elle est aussi placée sous le statut de témoin assisté pour abstention volontaire de prendre les mesures propres à combattre un sinistre, suite à des plaintes déposées contre les membres du gouvernement.

Ministre de la Santé et des solidarités à partir de 2017, Agnès Buzyn a démissionné du gouvernement en février 2020, au début de l’épidémie et des premiers cas de Covid rendus publics en France. Alors qu’elle savait qu’un « tsunami sanitaire » se préparait, elle avait menti en affirmant que « le risque de propagation du virus au sein du pays [était] faible et que quand bien même le virus se propagerait, tout le système [était] prêt pour répondre ». Puis elle avait tranquillement démissionné pour briguer la mairie de Paris, sur la liste LREM.

Par la suite, les soignants et les patients qui affluaient ont pu constater à quel point la politique d’économies menée par Buzyn comme par ses prédécesseurs avait démuni les hôpitaux face à l’épidémie de Covid-19. En deux ans et demi de service, elle a aussi assumé le déremboursement de plusieurs séries de médicaments et elle s’est affrontée à la grève des urgentistes contre l’insuffisance des moyens au cours de l’année 2019. C’est encore son ministère, chargé de la réforme des retraites, qui a suscité le mouvement de l’hiver 2019-2020. Les travailleurs, par leurs réactions, avaient donc déjà plus d’une fois jugé Buzyn et sa politique.

Quant à la Cour de justice de la République, elle a été fondée en principe pour juger les gouvernants et surtout pour leur éviter de tomber sous les coups de la justice ordinaire. Ce n’est certes pas d’elle qu’il faut attendre un véritable jugement de Buzyn. Sa culpabilité, en l’occurrence, n’est pas celle d’une personne et des erreurs qu’elle aurait commises à son niveau individuel. C’est sa politique, et celle du gouvernement auquel elle appartenait, qui devrait être jugée par les travailleurs et la population. Et surtout il faudrait y mettre fin.

Charles Legoda