Autoroutes : nationaliser, dénationaliser, il y a toujours à y gagner

15 Septembre 2021

Les présidentielles de 2022 se rapprochant, c’est le grand retour des promesses électorales, surtout celles qui ne coûtent rien aux capitalistes, voire qui peuvent leur rapporter gros ! Parmi elles, il y a la renationalisation des autoroutes, promise de Le Pen à Mélenchon en passant par Roussel, Montebourg, etc.

Le racket des automobilistes par les sociétés concessionnaires d’autoroutes est scandaleux. Année après année, la Cour des comptes dénonce « une distorsion entre péages et coûts », « une opacité des tarifs », ou encore la « maximisation des recettes ». C’est d’autant plus choquant que ces autoroutes ont été construites à partir des années 1950 par l’État avec l’argent du contribuable et en faisant les beaux jours des trusts du BTP. Puis, entre 2001 et 2006, une fois les travaux amortis et les autoroutes devenues rentables, l’État en a confié la gestion pour une bouchée de pain à des trusts, souvent du secteur du BTP comme Vinci ou Eiffage.

À l’époque, le coût du vol a été estimé à dix milliards d’euros. Pour l’ensemble de ces sociétés d’autoroutes, l’opération a été la poule aux œufs d’or. Entre 2006 et 2019, elles ont versé plus de 33 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires !

S’attaquer à ces capitalistes complètement parasitaires serait donc plus que légitime. Sauf que tous les candidats qui parlent de renationaliser ces autoroutes, leur promettent en fait un nouveau cadeau. Renationaliser, cela veut dire racheter. En plus, tous se gardent bien de dire à quel prix, sans doute parce qu’ils savent que ces trusts se sont protégés par des clauses juridiques stipulant que, si l’État voulait effectuer un rachat anticipé des concessions, il devrait les dédommager : le ministère des Finances estime que cela coûterait 50 milliards d’euros… Et on ne voit pas ces hommes politiques respectueux de la légalité capitaliste ne pas honorer ces clauses…

Il n’y a vraiment aucune raison d’indemniser les gros actionnaires de ces sociétés d’autoroutes ni de continuer à racketter les automobilistes, il faut les exproprier sans indemnité.

Arnaud LOUVET