Stellantis-PSA : les six milliards de bénéfice intéressent les travailleurs !

08 Septembre 2021

Pour les six premiers mois de l’année 2021, le groupe Stellantis, issu de la fusion de Fiat Chrysler et de PSA Opel, a annoncé six milliards d’euros de bénéfice net. C’est trois fois plus que l’an passé en deux fois moins de temps, un record absolu. Mais, pour autant, le patron ne veut pas céder la moindre miette supplémentaire aux travailleurs. Alors, il a inventé un calcul de la prime d’intéressement qui permet de ne rien verser.

La prime d’intéressement, c’est la politique qui permet dans les entreprises les plus grandes de faire croire que les salariés – même quand les salaires sont bloqués – peuvent être gagnants si les profits des capitalistes se portent bien. Pendant certaines périodes, ces primes pouvaient être suffisamment importantes pour que l’illusion fonctionne. Avec six milliards de bénéfice pour le premier semestre, les travailleurs de Stellantis étaient en droit de croire que la prime 2021 serait importante. Mais les patrons ont beau nager dans l’opulence, brasser des milliards, ils en veulent toujours plus et, dans cette période d’attaques contre les travailleurs, ils ne voulaient pas céder même quelques centaines ou milliers d’euros.

En juin 2021, soit quelques semaines avant l’annonce des bénéfices, la direction de Stellantis France a donc convoqué précipitamment les syndicats pour proposer une révision du mode de calcul de la prime d’intéressement. En gros, il ne suffit plus que l’entreprise fasse des bénéfices, mais il faut aussi que le compte courant de Stellantis Monde soit positif et que l’entreprise n’ait à payer au cours de l’année écoulée aucune pénalité à cause des dépassements de normes de pollution.

Ces critères, sans rapport avec les bénéfices, ont été choisis expressément pour diminuer la prime ou pour ne rien verser. Calculée le 1er juillet 2021, celle-ci aurait été nulle, malgré les bénéfices, le compte courant du groupe affichant alors, comme par hasard, un solde négatif de 1,2 milliard d’euros. Personne ne sait encore ce qu’il en sera en fin d’année, lorsque la prime sera calculée sur l’exercice 2021. D’ici à ce que les patrons réclament de l’argent aux travailleurs !

Depuis des années, la politique du patronat des grandes entreprises consiste à mettre en avant les primes d’intéressement pour que les travailleurs abandonnent le terrain essentiel des augmentations de salaire. Entièrement soumises à la volonté et aux modes de calculs patronaux, ces primes, qui ne comptent pas par exemple pour le calcul de la retraite, ont toujours été des pièges pour les travailleurs. PSA en apporte une preuve flagrante.

Restent les six milliards d’euros de bénéfice qui, eux, ne sont pas illusoires et viennent bien concrètement du travail et de la fatigue de tous. Il y a donc largement de quoi imposer aux actionnaires de ces groupes de prendre sur leurs profits pour augmenter les salaires et embaucher.

Correspondant LO