Journée du 5 octobre : affirmer les intérêts communs des travailleurs

08 Septembre 2021

Fin août, la direction de la CGT ainsi que d’autres organisations syndicales annonçaient une journée de mobilisation interprofessionnelle le 5 octobre prochain. C’est la première fois depuis des mois que les syndicats ouvriers appellent les travailleurs à exprimer leur mécontentement sur leur terrain de classe.

Cela pourrait être un pas dans la voie de la préparation d’une riposte générale, si du moins cet appel n’était pas en réalité dilué dans une multitude d’autres.

Bien que le communiqué des différentes organisations syndicales initiatrices (CGT, FSU, FO, Solidaires, UNEF, etc.) appelle « à la mobilisation de l’ensemble des travailleur-ses du secteur privé et public, et la jeunesse, le mardi 5 octobre 2021 », leur souci n’est pas de préparer une mobilisation unie de tous les travailleurs. En effet, dans le même temps, les retraités sont appelés à descendre dans la rue de leur côté le 1er octobre. La CGT-Santé appelle à la grève et à manifester le 14 septembre. Quant aux travailleurs de l’éducation, il leur est proposé une mobilisation le 23 septembre.

Ainsi, les directions syndicales émiettent les possibles réactions. Comme si les problèmes des uns et des autres n’étaient pas profondément liés, comme s’il existait des solutions catégorielles. Comme si la force du monde du travail n’était pas justement son nombre, sa place dans l’économie et sa conscience d’être une seule et même classe, face à celle des parasites et des exploiteurs.

Cette attitude des directions syndicales, et en particulier de la CGT, le syndicat le plus important du côté des ouvriers, a vraiment de quoi mettre en colère les travailleurs et les militants qui cherchent une politique pour contrer les attaques des capitalistes et du gouvernement.

Depuis les débuts de la pandémie, tous les travailleurs, de la santé à l’industrie, du commerce à l’éducation, ont subi les mêmes mesures du gouvernement. Ils ont pu réaliser à quel point, loin d’être dictées par les questions de santé publique, toutes ont servi soit à protéger les profits, soit à accentuer l’autoritarisme du gouvernement et la dictature des patrons dans les entreprises. Les travailleurs sentent, à juste titre, que les attaques vont se poursuivre. Les licenciements en cascade depuis des mois, les moyens jamais alloués à la santé, les fermetures de lits d’hôpitaux qui continuent, le non-recrutement d’adultes dans les écoles, la réforme mise en place contre les chômeurs, tout cela ne forme qu’une seule politique. Par tous les bouts, il s’agit de faire payer aux travailleurs et aux classes populaires les cadeaux faits au patronat, tout en aidant celui-ci à tirer encore plus de profits du travail ouvrier par l’aggravation des cadences et la précarité.

Il n’y a qu’un moyen de résister à ces attaques et d’y répondre, c’est l’union de tous les travailleurs, les chômeurs, les retraités, les étudiants ayant perdu leur petit boulot, les intérimaires, les fonctionnaires, les cheminots, etc. Il est possible de construire cette union. Car les attaques sont ressenties par tous, même si elles n’ont pas partout les mêmes formes. Et, surtout, les problèmes des uns et des autres se rejoignent. Tout le monde connaît, de ce côté-là de la société, les salaires et les allocations insuffisants. Alors, cette union est réalisable, autour de revendications qui justement l’expriment.

Il faut des augmentations des salaires et des allocations, avec leur indexation sur le coût de la vie, pour tous. Il faut imposer aux patrons une répartition du travail dans les entreprises, pour que tous aient un emploi. Il faut imposer un contrôle des travailleurs sur les comptes, sur la production, mettre fin au secret des affaires pour savoir où va l’argent issu du travail ouvrier.

Mettre en avant des revendications qui répondent à ses intérêts communs permettrait non seulement d’aller dans le sens de l’unité du monde du travail, cela permettrait aussi de renforcer la conviction qu’il est possible et nécessaire de lutter ensemble contre les exploiteurs. Sans la conscience claire qu’il faudra s’en prendre aux profits des capitalistes, et donc à leur domination sur la société, aucune amélioration n’est envisageable pour le monde du travail.

On ne peut pas compter sur les directions syndicales pour avancer sur ce chemin de la mobilisation. Mais tous les travailleurs conscients et les militants combatifs peuvent défendre la nécessité d’une réaction d’ensemble des travailleurs.

Marion AjarMarion Ajar