Formation : un cadeau pour les patrons

08 Septembre 2021

Dans le cadre du plan « Un jeune, une solution » lancé à l’été 2020, le gouvernement a augmenté les aides destinées aux entreprises pour la signature de contrats d’apprentissage ou de professionnalisation, les jeunes concernés pouvant avoir jusqu’à 29 ans.

Ces aides exceptionnelles devaient être moins généreuses à partir du 31 décembre mais, à la demande des patrons, bien que déjà prolongées une fois, elles le seront à nouveau pour six mois. Les 5 000 euros versés couvrent la première année de salaire pour un apprenti mineur. L’embauche d’un apprenti entre 18 et 21 ans permet d’obtenir 8 000 euros, soit 80 % du salaire de la première année. Et pour ceux qui ont moins de 25 ans, 45 % du salaire de la première année est couvert par l’État. Il s’agit bien d’une aubaine pour les patrons qui, devant le risque d’une réduction des aides à l’apprentissage, ont embauché 500 000 apprentis les trois premiers mois de 2021.

Du côté des jeunes, c’est bien sûr un moyen d’entrer dans le monde du travail, d’acquérir une première expérience, à condition d’accepter d’être payés avec un salaire horaire très inférieur au salaire minimum pour les moins de 26 ans pendant les trois années de leur apprentissage. En plus des frais de leur formation, les pouvoirs publics remboursent une grande partie de leur salaire.

Les patrons, eux, ne se gênent pas pour profiter des aides de l’État alors que, dans la plupart des cas, ces jeunes sont exploités comme les autres le temps où ils sont en entreprise.

Inès Rabah