États-Unis : le droit à l’avortement attaqué

08 Septembre 2021

Le 1er septembre, la Cour suprême des États-Unis a décidé de ne pas suspendre la nouvelle loi anti avortement promulguée par le gouverneur réactionnaire du Texas, État peuplé de 30 millions d’habitants. Cette loi revient quasiment à interdire l’interruption volontaire de grossesse.

En effet l’avortement serait à présent interdit après la sixième semaine de grossesse, c’est-à-dire à un moment où de nombreuses femmes ne savent même pas qu’elles sont enceintes. Aucune exception n’est prévue en cas de viol ou d’inceste. Selon les organisations du planning familial américain, 85 % des IVG se font actuellement après ce délai. De plus, pour parer à l’interdiction de sa nouvelle loi, le Texas instaure un système de délation, en encourageant ceux qui le souhaitent à porter plainte contre qui le pratiquerait ou qui serait complice d’un avortement. Il pourrait y avoir à la clé une récompense de 10 000 dollars.

Depuis 1973 et la décision juridique qui reconnaissait le droit à l’avortement, celui-ci n’a cessé de reculer sous les coups des réactionnaires, soutenus par des élus républicains, et aujourd’hui avec l’appui de la Cour suprême. Interdiction de la pilule abortive, obligation pour une mineure d’avoir une autorisation écrite des parents ou d’un tribunal, suppression des fonds publics : les obstacles à l’avortement se multiplient selon les États. Aujourd’hui, 58 % des femmes américaines vivent dans un État hostile ou très hostile à l’avortement, dont six n’abritent qu’un seul service médical proposant l’IVG. Dans 27 métropoles, il n’y a en a même pas.

Au Texas, la nouvelle loi a pour but de criminaliser ces cliniques. Elle est le prolongement légal des 7 000 actes de violence subis ces quarante dernières années, dont 42 attentats à la bombe, 185 incendies et des tentatives d’assassinat de médecins, infirmières et employés de ces cliniques, qui ont fait onze morts.

Cette offensive réactionnaire ne pourra pas être combattue uniquement sur le terrain juridique comme les politiciens démocrates le proposent. Les défenseurs du droit à l’avortement devront continuer à se battre avec détermination pour que les bigots de toutes obédiences cessent de dicter leur loi aux femmes.

Camille PAGLIERI