Journée du 5 octobre : les travailleurs doivent défendre leurs objectifs

01 Septembre 2021

Les confédérations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires appellent l’ensemble des travailleurs à une journée de grève générale et de manifestation le 5 octobre.

Ses initiateurs revendiquent la hausse des salaires, l’abandon de toutes les mesures antiouvrières, celle qui devrait frapper les chômeurs à partir du 1er octobre comme celle, envisagée pour plus tard, du recul de l’âge de la retraite. Plus largement, l’appel dénonce la précarité et les fermetures de services publics, hospitaliers ou autres. Après des mois sans initiative de la part des directions syndicales, un tel appel est bienvenu et peut permettre aux travailleurs de toutes catégories de se retrouver ensemble.

Il est nécessaire que la classe ouvrière affirme ses propres revendications, son droit à la vie, alors que patronat et gouvernement s’attaquent à l’ensemble du monde du travail et lui font payer l’enrichissement indécent d’une petite minorité de géants capitalistes.

Face à des attaques multiformes qui touchent toutes les catégories de travailleurs, en CDI ou précaires, du privé comme du public, au travail ou sans emploi, tous doivent rassembler leurs forces, par-delà les divisions artificielles avec lesquelles on essaye de les affaiblir. Cela passe déjà par la conscience que tous sont attaqués et ont donc les mêmes intérêts. C’est sur cette base que pourra se créer un réel rapport de force : des dizaines de millions de travailleurs d’un côté, et quelques milliers de privilégiés et de profiteurs de l’autre.

Mais pour affirmer ses droits, la classe ouvrière a besoin d’un programme qui rassemble l’ensemble des travailleurs, quelle que soit leur situation, et qui mette en avant les mesures indispensables à tous.

Il faut une augmentation massive et générale des salaires et des pensions. Mais, pour qu’elle ne soit pas aussi vite reprise par l’inflation qu’elle aura été donnée, il faut imposer l’échelle mobile, afin que salaires et pensions suivent l’évolution des prix, sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes. Pour mettre fin au chômage de masse, il faut répartir le travail entre tous, en garantissant les salaires. Pour en finir avec cette folie qui consiste à faire travailler les uns à des cadences infernales pendant que les autres sont confinés au chômage, il faut travailler moins, pour travailler tous. Les salaires et la garantie des emplois doivent être financés par les profits des groupes multimilliardaires et les centaines de milliards que l’État déverse en direction des actionnaires. Cela permettra à des millions de chômeurs, jeunes ou moins jeunes, de trouver un emploi dans les services publics nécessaires à la population, qui crèvent aujourd’hui des restrictions d’effectifs, ou de rejoindre leurs camarades des usines, des chantiers, des bureaux, qui n’en peuvent plus de subir des conditions de travail d’un autre âge.

Ce programme pourra unifier les quelque 28 millions de travailleurs, devenir le point de ralliement de tous, s’il est porté par des militants dès aujourd’hui. Mais cette unité ne pourra se faire que dans la lutte, la lutte de classe, sans avoir peur de remettre en cause le pouvoir de la classe capitaliste parasite.

Paul SOREL