Pandémie : mortelle course aux profits

25 Août 2021

L’université américaine John Hopkins affirme que 4,7 milliards de doses de vaccin, de toutes origines, ont été injectées à ce jour. Or il y a aujourd’hui au moins 8 milliards d’habitants dans le monde (7,8 milliards en 2020) ; et, dans les pays les plus riches, une grande partie de la population a déjà reçu deux injections, ce qui laisse l’écrasante majorité de la population de la planète privée de tout accès au vaccin.

Ce constat est fait par une organisation aussi peu suspecte de radicalisme que l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, sous la férule de l’ONU. Elle proteste contre l’annonce d’une hypothétique troisième dose de vaccin alors, dit-elle, que la grande majorité de l’humanité n’a même pas reçu une simple première dose de vaccin.

Les dirigeants des grands pays impérialistes connaissent parfaitement cette réalité. Ils la connaissent, l’assument et la défendent. Leurs discours sur l’intérêt général, la défense de la santé des populations, les discours de Macron, Biden, Johnson, Merkel, et de tous les postulants à la relève, ceux des grands commis de l’État, sont odieux. Car s’ils font le choix de garantir, à court terme et à toute force, à quelques grands trusts, pharmaceutiques en l’occurrence, d’amasser le maximum de milliards, ils décident de laisser sans soins et sans les protections existantes des milliards d’enfants, de femmes et d’hommes dans le monde.

De plus, ils le font quelles que soient les conséquences, y compris au sein des citadelles impérialistes dont ils prétendent défendre les habitants. Car les virus ne connaissent pas les frontières et, laissés à eux mêmes, ils mutent inévitablement. Faut-il rappeler que ce qu’on a fini par appeler le variant Delta est le virus originellement appelé le virus indien, qui a pu se développer librement dans ce pays qui, triste ironie, est le premier sous-traitant de fabrication de produits pharmaceutique dans le monde. C’est ce variant Delta qui revient aujourd’hui, menaçant d’une quatrième vague les pays riches et vaccinés.

Certes, le monde capitaliste a toujours abandonné à leur sort, en matière de santé, les deux tiers de l’humanité. Bien des maladies continuent à faire des ravages dans les pays les plus pauvres, alors qu’elles sont pratiquement éradiquées dans les pays riches. L’épidémie de Covid et le choix assumé des États impérialistes et des multinationales de la pharmacie de laisser les pays pauvres sans vaccins montrent que la morale des possédants demeure : « Périsse l’humanité, pourvu que vivent les profits. »

Paul SOREL