Haïti : plus que le tremblement de terre, c’est la misère qui tue18/08/20212021Journal/medias/journalnumero/images/2021/08/2768.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Haïti : plus que le tremblement de terre, c’est la misère qui tue

Haïti vient de connaître un nouveau tremblement de terre, d’une magnitude de 7,2, dans le sud du pays. Le bilan provisoire est terrible : plus de 1 900 morts et 9 900 blessés. Plus de 30 000 maisons sont détruites et des milliers d’habitants sont à la rue.

Ce tremblement de terre est moins meurtrier que celui de 2010 parce qu’il a touché des zones moins urbanisées et a épargné la capitale Port-au-Prince. En 2010 plus de 280 000 personnes avaient été tuées et plus de 300 000 blessées pour une population de près de 10 millions à l’époque. Les Cayes, la ville la plus touchée aujourd’hui, est la préfecture du sud du pays.

Cependant force est de constater que des tremblements de terre comparables au Japon font bien moins de victimes. En février dernier un séisme d’une amplitude de 7,3 à Fukushima a fait une centaine de blessés. Dans un pays développé, les constructions antisismiques permettent d’éviter que les maisons s’écrasent sur les habitants. Rien n’est prévu à Haïti. Pire, les reconstructions prennent rarement en compte les tremblements de terre. Et une fois de plus, ce sont les habitants qui, livrés à eux-mêmes, organisent la solidarité, sans l’aide de l’État et au milieu des gangs qui rackettent. Ce sont les habitants qui déblaient, souvent à mains nues, pour essayer de retrouver des victimes sous les décombres. Nombreux sont ceux qui n’osaient même plus entrer dans les quelques maisons intactes parce qu’ils craignaient les répliques, alors qu’une tempête tropicale s’approchait.

Dans cette situation, l’aide occidentale est pour l’instant inexistante. Seuls le Mexique et le Chili ont envoyé aide, médicaments et vivres. Pourtant, l’impérialisme américain comme d’ailleurs l’impérialisme français sont bien présents à Haïti sous la forme de nombreuses industries de textile, de matériaux d’emballage, de composants électroniques. L’État américain en garantit les profits en intervenant auprès du gouvernement haïtien. La presse a ainsi révélé que, pour complaire aux patrons du textile Levi Strauss et Hanes, l’administration Obama, en 2011, avait fait pression pour que le gouvernement haïtien maintienne le salaire à 31 cents de dollar de l’heure alors que ce dernier voulait le relever à 61 cents.

L’impérialisme a tout intérêt à laisser la population haïtienne dans la misère pour favoriser l’exploitation. C’est en cela qu’il porte la responsabilité de l’état d’arriération des infrastructures, des constructions et donc en dernier ressort des morts du tremblement de terre.

Partager