Refuser les sanctions !

11 Août 2021

La loi sur l’obligation du passe sanitaire et de la vaccination pour toute une série d’activités et de professions vise en grande partie les travailleurs. Les mesures répressives assorties à cette loi sont défendues et détaillées par la ministre du Travail en personne.

Ainsi à partir du 30 août, les salariés concernés, et il seront des millions, en CDI, en CDD ou en intérim devront présenter leur passe sous peine d’être suspendus, sans salaire bien entendu et sans indemnité de chômage puisque, dit la ministre, « il n’y aura pas rupture du contrat de travail ». Et d’ajouter tranquillement qu’elle est « consciente que la suspension du contrat de travail et donc de la rémunération est difficile pour le salarié concerné ». La même ministre a rappelé par ailleurs que l’employeur pouvait aussi procéder à des licenciements.

Il est gratifiant pour l’employeur d’avoir à sa disposition cette menace de privation de salaire, sans frais ni procédure. Il est rassurant pour un directeur d’abattoir, d’usine, de supermarché ou d’hôpital, qui a envoyé les travailleurs au front sans protection, de pouvoir aujourd’hui désigner et punir des boucs-émissaires. Car c’est bien les employeurs qui détiendront le pouvoir de contrôle et de répression découlant de cette loi.

La ministre qualifie d’irresponsables les manifestants contre le passe sanitaire car, explique-t-elle, cette loi a été votée par le Parlement et validée par le Conseil constitutionnel. Le Parlement passe son temps à voter des mesures au bénéfice du grand patronat et le Conseil constitutionnel les approuve systématiquement. Il faut vraiment que les opprimés, et les travailleurs au premier chef, se révoltent et descendent dans la rue pour que, parfois, ces vénérables institutions votent des lois favorables aux petites gens ou abrogent des dispositions scélérates.

Parmi les manifestants désignés comme irresponsables et surtout parmi ceux qui les regardent avec sympathie, il y a bien des travailleurs indignés par ces menaces. Il faudra désormais tout faire pour empêcher que les patrons, ou les directeurs d’entreprises passent aux actes. C’est aux travailleurs qu’il revient de régler entre eux les problèmes éventuels. Ils ne peuvent accepter que l’un d’entre eux, sous prétexte qu’il n’est pas vacciné ou pas en mesure de présenter son passe, soit licencié ou, ce qui revient au même, privé de salaire. Face à de telles mesures, le patronat doit trouver devant lui des travailleurs pleinement solidaires.

Paul GALOIS