Antilles : Les raisons de la méfiance

11 Août 2021

Parlant de la situation épidémique catastrophique aux Antilles, les commentateurs métropolitains ont souligné la faible proportion de vaccinés dans la population.

Ils ne sont pas allés naturellement jusqu’à expliquer que ces départements sont sous-équipés dans tous les domaines, particulièrement ceux de la santé et de l’éducation, et que le chômage y est endémique. Ils n’ont surtout pas dit à quel point la population est défiante, et avec raison, vis-à-vis du gouvernement français, surtout lorsqu’il prétend vouloir son bien.

Le scandale du chlordécone suffirait à susciter la méfiance populaire pour des générations. L’État français et ses gouvernements successifs ont autorisé les planteurs antillais à utiliser ce pesticide ultra-dangereux alors même qu’il était interdit aux États-Unis depuis 1976. En 1990, ce produit était interdit par la France en métropole mais autorisé aux Antilles pour trois années de plus. Ce poison a contaminé 90 % de la population, occasionnant des multiples cancers et autres maladies, empoisonné les terres et les eaux pour des centaines d’années. Pourtant il est très probable que le procès intenté contre certains responsables se termine par un non-lieu.

Quant aux grandes fortunes édifiées sur ce poison, elles sont intouchables, comme la parole de l’État, garantissant aux populations l’innocuité du poison, est censée être insoupçonnable.

Paul GALOIS