Martinique : manifestations de colère

28 Juillet 2021

Depuis les coups de menton de Macron, son annonce le 12 juillet de l’obligation vaccinale des soignants et du passe sanitaire, les réactions sont fortes en Martinique.

Une première manifestation spontanée s’est déroulée le soir du mardi 13, juste après l’annonce du rétablissement du couvre-feu par le préfet. Environ 800 personnes s’étaient rassemblées devant la préfecture de Fort-de-France pour crier : « Nou pa kobay » (nous ne sommes pas des cobayes).

Puis, le samedi 17 juillet plus de 3 000 personnes ont manifesté dans les rues de Fort-de-France. Durant les nuits du 17 et du 18 juillet, des émeutes ont éclaté dans les quartiers de la ville, en particulier celui de Terre-Sainville. Des groupes de jeunes ont attaqué la police à coups de pierres, mais aussi avec des armes à feu. Ils ont profité du climat de protestation générale pour s’en prendre aux magasins, en brûler certains, et piller. Ils ont monté des barricades, y compris avec des voitures en bon état, et y ont mis le feu. L’incendie a gagné des habitations. Au moins trois maisons ont flambé à Terre-Sainville, de pauvres gens se retrouvant sans abri et à avoir tout perdu.

Ces jeunes qui ont pris le relais de la manifestation anti-obligation vaccinale ont aussi exprimé leur révolte contre le chômage, la misère et une vie sans perspectives. Mais les véritables incendiaires sont Macron et ses ministres. Ce sont eux qui, par leurs décisions, enrichissent le terreau sur lequel pousse la révolte des jeunes. Sans compter l’immense inégalité visible entre la masse des pauvres et la minorité des gros et riches békés qui possèdent tout. Voilà la source de la révolte et des émeutes.

Mardi 20 juillet, c’était au tour des travailleurs de la santé de défiler dans les rues jusqu’au siège de l’Agence régionale de santé. Accompagnés aussi de travailleurs d’autres secteurs, ils étaient deux mille. Et samedi 24 juillet, 300 personnes ont encore manifesté à Fort-de-France.

D’autres manifestations sont prévues dans les jours suivants.

Pierre JEAN-CHRISTOPHE