Migrants : l’enfer des prisons libyennes

21 Juillet 2021

Un rapport publié par Amnesty International dénonce les accords passés entre le gouvernement libyen et l’Union européenne, dans le but de pourchasser les migrants en Méditerranée, et le sort que ces derniers subissent.

En 2017, le gouvernement italien, soutenu par l’UE, commençait officiellement à financer une flotte de mercenaires libyens présentés comme des gardes-côtes. Cette politique suivait le traité passé en 2016 avec le gouvernement d’Erdogan pour financer la création de camps de réfugiés en Turquie. Pour les gouvernements européens, l’objectif était de sous-traiter, au-delà des frontières européennes, la chasse et l’emprisonnement des migrants qui cherchent à traverser la Méditerranée. Depuis 2017, ils ont dépensé des centaines de millions d’euros pour que la majorité de ceux qui partent de Libye soient capturés par les gardes-côtes, avant d’être secourus par des pêcheurs italiens ou par l’Ocean Viking. Rien qu’entre janvier et juin 2021, le rapport d’Amnesty fait état de 15 000 telles interceptions.

Les migrants ramenés de force en Libye sont enfermés dans des prisons, appartenant pour certaines au gouvernement libyen et pour d’autres à des bandes armées. Ils y sont torturés, puis les gardiens préviennent leur famille et les soumettent à un chantage à la torture pour les forcer à envoyer de l’argent. Des milliers de migrants capturés par les mercenaires disparaissent ainsi.

Les migrants décrivent des avions et des bateaux militaires de l’agence européenne Frontex passant à proximité d’eux en mer sans les secourir, avant l’arrivée des mercenaires libyens. L’agence européenne espionne pour lesmercenaires libyens.

Les gouvernements européens ont mis en place cette politique de guerre contre les migrants, en sachant, dès le départ, le sort qui leur serait réservé. Pour eux, il s’agit de diminuer le nombre d’embarcations gagnant Lampedusa ou la Sicile, quel qu’en soit le prix humain.

Thomas Baumer