Hôpitaux : des Urgences fermées la nuit

21 Juillet 2021

Des services d’urgence de nuit ferment cet été dans un certain nombre d’hôpitaux de villes moyennes.

Les déserts médicaux, un des aspects de la dégradation des services de santé, s’étendent ainsi un peu plus.

Dans certains départements, plus de 10 % de la population n’a pas ou plus de médecin traitant, 20 % dans la Sarthe. Le seul recours des patients est le service d’urgence de l’hôpital de la ville la plus proche. Hélas, certains de ces services ont déjà fermé, ou menacent de le faire, faute de médecins urgentistes mais aussi du personnel hospitalier indispensable. Pendant les congés d’été, en particulier après les périodes de tension extrême liée à l’épidémie, la situation devient encore plus critique.

La liste des services d’urgence concernés est déjà longue. Dans l’Ille-et-Vilaine, c’est le cas à Fougères cet été, les Urgences de Vitré étant fermées la nuit depuis plusieurs mois. Dans la Loire, celles du Gier à Saint-Chamond ne sont plus accessibles entre 20 heures et 9 heures, obligeant les malades à se rendre à Saint-Étienne ou Firminy. Dans la Sarthe, les urgences du Pôle santé Sarthe et Loir sont restées fermées quatre nuits consécutives puis à nouveau la nuit du 13 juillet, de même pour l’été à Saint-Calais et à Château-du-Loir. À la polyclinique d’Hénin-Beaumont, la difficulté est la même, faute d’effectifs. Les exemples se multiplient et l’appel au 15, lui-même en risque de saturation, est la solution de repli conseillée.

La direction d’un de ces établissements évoque « un contexte de raréfaction conjoncturelle de la ressource médicale » en guise d’explication dans un jargon de gestionnaires complices d’une politique insupportable ! L’embauche dans tous les établissements de santé, à commencer par les hôpitaux de proximité qui devraient offrir des services d’urgence dignes du 21e siècle, est une nécessité. Elle doit s’assortir de salaires corrects qui ne pousseraient pas les soignants à chercher ailleurs.

La politique du gouvernement Macron vis-à-vis de la santé, comme les précédentes, n’a été qu’une vaste opération de communication aboutissant à une maigre augmentation de salaire pour une partie du personnel, et même pas pour tous. Quant aux embauches, c’est toujours le désert… médical. C’est d’autant plus choquant que, en un an et demi d’épidémie, on a vu passer deux ministres, une dizaine de discours, des mines compassées, des légions d’honneur virtuelles aux soignants puis les récentes mises en accusation, sans que rien ne change dans les établissements, ni pour le personnel ni pour les usagers.

Viviane LAFONT