Tests : payants pour les uns, très lucratifs pour d’autres

14 Juillet 2021

« Cet automne, les fameux tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale », a annoncé Emmanuel Macron le 12 juillet. Et il en ira de même pour les tests antigéniques, a annoncé le porte-parole du gouvernement.

En clair, à partir de cet automne, toutes celles et ceux qui ne seront pas vaccinés devront s’acquitter d’un droit de péage avant même de pouvoir prendre le train, aller voir un spectacle ou tout simplement entrer dans un café ou un centre commercial. En effet, puisque le pass sanitaire – ce droit de passage constitué soit d’une vaccination, soit d’un test négatif – sera exigé avant tous ces actes de la vie, faute d’un certificat de vaccination, il leur faudra présenter un test négatif récent et pour cela le payer.

Le montant du péage ne sera pas des moindres. Si les tarifs restent identiques à ceux aujourd’hui facturés à l’Assurance maladie, un test PCR coûtera 49 euros et un test antigénique 25 euros. Ainsi la mesure s’annonce dure pour les plus pauvres et quasi insensible pour les autres.

Derrière l’argument sur la vaccination et la course de vitesse engagée contre le variant Delta, se profile celui des nécessaires économies à réaliser pour l’Assurance maladie. Les organismes officiels chargés des statistiques annoncent le franchissement du cap de 100 millions de tests depuis le début de la crise sanitaire. La Sécurité sociale informe avoir déjà consacré 2,2 milliards d’euros aux tests de dépistage en 2020 et prévoit une enveloppe de 4,9 milliards pour 2021.

Mais il s’agit là des sommes payées aux laboratoires qui réalisent les tests. Combien coûtent-ils à la production ? À combien revient l’usage des machines, ces automates qui lisent les tests, et des réactifs sans lesquels ces automates sont impuissants ? Quelles sommes reviennent aux laboratoires d’analyses qui réalisent les prélèvements ? Il en va du diagnostic comme de la vaccination : la plus grande opacité règne sur les prix et les contrats. Toute la production est aux mains de puissants groupes privés, qui décident et imposent leur prix et prélèvent leur bénéfice.

Une seule chose est claire : tout va bien notamment pour les laboratoires d’analyses, dont un journal économique titrait : « Les tests anti-Covid font grimper les bénéfices et les valorisations des laboratoires. » Pour eux aussi, le Covid-19 est une aubaine.

Sophie GARGAN