Samaritaine : vitrine dorée d’un système moisi

07 Juillet 2021

Depuis samedi 3 juillet, des politiciens se relaient pour dénoncer les tags des militants d’Attac sur les vitrines de la Samaritaine, et défendre le bon droit de Bernard Arnault à s’enrichir.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo, la macroniste Aurore Bergé, la présidente de droite d’Île-de-France Valérie Pécresse ont tenté d’expliquer que si Bernard Arnault a gagné 62 milliards en un an, c’est une bonne chose pour la société.

La Samaritaine, ce grand magasin parisien, fait partie du groupe de luxe LVMH, dont l’actionnaire principal est Bernard Arnault. Dans l’hôtel qui va y ouvrir, la plus petite chambre coûte 1 150 euros la nuit. Le magasin ne vend que des produits de luxe, comme la gamme Capucines des sacs Vuitton, dont le moins cher coûte 3 400 euros et celui en cuir de crocodile 37 000 euros. En pleine crise économique, LVMH a battu des records de vente. Les clients fortunés ont pu acheter des ceintures en peau de crocodile, pendant que les salariés serrent la leur.

LVMH a supprimé cette année 900 emplois en France et 13 000 dans le monde. En même temps, l’entreprise a versé trois milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires, dont la moitié à Bernard Arnault et sa famille.

Bernard Arnault est le plus riche capitaliste français, et actuellement le deuxième derrière Jeff Bezos à l’échelle mondiale. En plus de LVMH, il est un des principaux actionnaires d’entreprises comme Carrefour, qui a elle aussi enrichi ses actionnaires en supprimant des milliers d’emplois ces dernières années.

L’action d’Attac à la Samaritaine visait à dénoncer les excès des capitalistes, et à revendiquer qu’ils payent quelques impôts. Mais il faudra bien autre chose qu’un coup de peinture pour que l’économie serve à satisfaire les besoins de tous, au lieu des caprices des riches, et avant tout, la soif de profits de quelques-uns.

Célia Morin