Plus 15 % pour le gaz : et les salaires ?

07 Juillet 2021

Le prix du gaz a augmenté de près de 10 % le 1er juillet, après une hausse de 1,1 % en mai, 4,4 % en juin, ce qui fait plus de 15 % en trois mois. Certes le prix du gaz joue au yo-yo depuis des années, mais là, c’est un sacré coup de massue.

La Commission de régulation de l’énergie, la CRE, justifie abondamment cette augmentation des tarifs. Cette CRE se prétend indépendante et elle l’est, sans aucun doute, de la population, puisque ses six membres sont désignés par l’État. La commission l’assure, la France n’est pour rien dans la hausse du gaz, tout est de la faute de l’étranger ! À commencer par la Chine, bien sûr, dont la consommation accrue de gaz tirerait les prix vers le haut. Viendrait ensuite la Russie qui, pour contrer l’opposition des États-Unis et de certains pays d’Europe à son projet de gazoduc Nord Stream 2, serait en train de limiter son offre de gaz, et donc d’entraîner les prix à la hausse. Enfin, l’augmentation des taxes, au niveau européen, sous prétexte de lutte contre le réchauffement climatique, renchérit également les prix.

La CRE, qui incrimine Chine, Russie et Union européenne, est en revanche muette sur les bénéfices réalisés par Engie, le fournisseur français. La Cour des comptes n’est pas non plus très bavarde à ce sujet. Or, même si les bénéfices d’Engie ne proviennent pas tous du gaz, ils devraient atteindre de 2,2 à 2,5 milliards d’euros pour cette année !

Alors, que la hausse du gaz soit le résultat des manœuvres russes, de la consommation chinoise, des normes européennes ou de l’appétit de profit d’Engie, les consommateurs n’ont pas à en faire les frais.

Si les prix montent, il faut que les salaires, les allocations et les pensions suivent pour que le pouvoir d’achat des classes populaires ne continue pas à sombrer.

André VICTOR