Naval Group – Ruelle : contre le renvoi d’un intérimaire

07 Juillet 2021

Mardi 22 juin, une cinquantaine de travailleurs du secteur de « l’industrialisation » du site Naval Group de Ruelle, en Charente, qui regroupe 850 salariés travaillant pour l’armement, ont arrêté le travail et ont poursuivi le mouvement pendant trois jours.

Le mouvement a été déclenché par le renvoi d’un camarade intérimaire présent depuis deux ans à leurs côtés et par des mutations envisagées dans des locaux inacceptables – l’un d’eux est même appelé « la caverne ».

Les travailleurs mobilisés contestent aussi la dernière réorganisation mise en place par le nouveau directeur. Le sous-effectif est estimé par eux à une quinzaine de postes sur la cinquantaine que compte aujourd’hui ce secteur.

Les grévistes ont alerté les syndicats qui, unanimement, ont appelé à un rassemblement devant les bureaux de la direction. Deux cents salariés, dont de nombreux ingénieurs, ont répondu à l’appel le jeudi 24.

La direction est venue s’expliquer, et après les interventions des syndicalistes pointant le mal être des travailleurs, plusieurs salariés ont pris la parole eux-mêmes : ils témoignaient de leur colère parce que « c’est pareil partout ».

Il faut dire que depuis des mois, ils subissent les effets néfastes d’une politique patronale qui réorganise toujours dans le même sens : les travailleurs prestataires ou intérimaires au long cours ne sont pas embauchés ; les pressions sur ceux qui sont embauchés pour tenir les délais se soldent par des départs, des congés-maladie, des dépressions, des burn-out – y compris parmi les ingénieurs et les techniciens.

La direction a maintenu son refus d’embaucher le camarade intérimaire – à qui elle donne cyniquement le droit de… postuler à nouveau. Elle octroie seulement deux postes de plus dans le secteur. Rien n’est réglé donc sur le fond.

Naval Group, détenu à 65 % par l’État et 35 % par Thales, est fortement bénéficiaire. Le plan de charge de la construction de frégates et de sous-marins est considérable, et porte sur des années. En même temps, les embauches sont réduites au minimum et le recours aux entreprises prestataires et à l’intérim est systématique. Alors ce qui s’impose, c’est effectivement la lutte contre l’exploitation accrue, contre les pressions sur les travailleurs, pour des embauches en nombre.

Correspondant LO