Macron la morale : à la chasse aux voix de droite

07 Juillet 2021

Féministe, tel se revendique Macron dans une récente interview au magazine Elle. Mais si, après les youtubeurs et les influenceurs, Macron ne dédaigne pas la presse dite féminine, c’est à la chasse aux voix de la droite bien-pensante qu’il se livre une fois de plus.

Même s’il se revendique à l’origine d’une « promotion de défenseures des droits des femmes », à l’occasion de la tenue d’un forum Génération Égalité de l’ONU à Paris, les prises de position de Macron face aux journalistes du magazine sont d’un pur passéisme.

Ce père-la-pudeur se permet d’avoir un avis sur la façon dont les jeunes filles doivent s’habiller. Ravivant la polémique suscitée à l’automne dernier par le ministre Blanquer, Macron fait la moue au sujet du « crop top », petit haut dévoilant le nombril. On voit mal en effet le président ainsi vêtu, mais il se dit pour la « tenue décente exigée » au lycée. En quoi le nombril à l’air est-il plus indécent que les mollets poilus de certains lycéens, Macron ne se fatigue pas à donner des arguments.

Mais plus grave dans le même registre, celui qui prétend avoir décrété l’égalité femmes/hommes grande cause de son quinquennat se déclare opposé à l’allongement du délai de recours à l’interruption volontaire de grossesse de douze à quatorze semaines, une proposition de loi dans ce sens étant aujourd’hui en suspens au Parlement. Ce serait, prétend Macron, pour éviter aux femmes le traumatisme d’avorter, d’autant plus grave dans des délais allongés. « Tous les gynécologues le disent », affirme-t-il contre toute vérité, car justement le comité d’éthique a indiqué ne pas voir « d’objection à allonger le délai d’accès à l’IVG de deux semaines ». Ce délai supplémentaire est d’autant plus important que, selon une étude européenne, une femme concernée sur deux a découvert sa grossesse au-delà des douze semaines.

Le traumatisme, pour la grande majorité d’entre elles, est surtout d’avoir à trouver les moyens de recourir à une IVG en Espagne ou aux Pays-Bas, d’en assumer entièrement les frais, sans compter le voyage et l’hébergement obligatoire. Cela concerne plusieurs milliers de femmes chaque année. Et, évidemment, c’est encore plus traumatisant quand l’angoisse est accrue par les difficultés d’accès à l’information et au financement de l’IVG souhaitée.

V. L.