Brésil : du pain et des vaccins !

07 Juillet 2021

Samedi 3 juillet, pour la troisième fois en un mois, des dizaines de milliers de Brésiliens ont défilé contre Bolsonaro. Dans des centaines de villes, les manifestants ont dénoncé le refus du président de prendre des mesures contre le Covid. Ils l’ont aussi accusé de corruption et ont réclamé des aides d’urgence contre la crise.

À ce jour, la pandémie a fait 530 000 morts dans le pays, mais le gouvernement fédéral a refusé toute mesure générale, masque, distanciation, vaccin ou couvre-feu. Il a même combattu les mesures adoptées localement par certains maires ou gouverneurs d’État. Bolsonaro lui-même n’a cessé d’ameuter ses partisans, négligeant et ridiculisant les précautions les plus élémentaires.

Ce mépris affiché pour la santé de la population s’accompagne maintenant d’un scandale de corruption touchant l’achat de vaccins – car il a tout de même bien fallu en commander. Dans une négociation pour 400 millions de doses d’AstraZeneca, de hauts responsables du ministère de la Santé auraient exigé un pot-de-vin de un dollar par dose. Concernant un vaccin indien non encore homologué au Brésil, des millions de doses auraient été payées sans qu’aucune livraison soit effectuée. Et on a offert 1,2 million de dollars au député qui soulevait le problème, pour qu’il se taise. Mis au courant, Bolsonaro a refusé d’alerter la Police fédérale. Il est donc soupçonné de corruption, lui qui a été porté au pouvoir par le rejet de la corruption des gouvernements du Parti des travailleurs.

La dénonciation de Bolsonaro et de ses proches s’accompagne de revendications économiques face à la crise qui fait exploser le chômage et la misère. Samedi 3 juillet, de nombreux manifestants réclamaient le retour de l’aide d’urgence versée l’an passé à des millions de familles. Fixée d’abord à 90 euros, elle avait été divisée par deux, puis supprimée au début de cette année.

Dans la manifestation, des pancartes exigeaient « un vaccin dans le bras, de la nourriture dans l’assiette ». Ces revendications élémentaires, dans le monde dominé par la bourgeoisie, aucun gouvernement brésilien n’a jamais pu les satisfaire.

Vincent GELAS