Baccalauréat : Blanquer recalé !

07 Juillet 2021

Les épreuves du nouveau baccalauréat, simplifié par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ont tourné au fiasco. Les médias ont seulement relevé que les résultats du bac, annoncés normalement mardi 6 juillet, seraient peut-être décalés.

Le ministre et les responsables du SIEC (le service inter académique des examens et concours), qui gère les académies de Paris, Créteil, Versailles, ont tenté d’attribuer ce retard aux professeurs qui auraient tardé à rendre les notes. Mais en fait depuis le 7 juin, les dysfonctionnements se sont accumulés, à croire que le ministère organise le bac pour la première fois, alors que dorénavant il ne reste plus que les épreuves de français, de philosophie et le grand oral.

Les élèves ont reçu leurs convocations très tardivement, avec de surcroît des erreurs. Pour les enseignants, les convocations tombent normalement à la mi-mai. Là, elles sont arrivées la semaine précédant l’épreuve, parfois la veille pour le lendemain, parfois à deux endroits différents. Du coup, de nombreuses convocations n’ont pas pu être honorées. Le grand oral, l’épreuve-phare de la réforme Blanquer, s’est déroulé dans la cacophonie la plus totale, les élèves attendant en vain un jury. Bruno Bobkiewicz, proviseur et secrétaire général du principal syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN), a par exemple été obligé d’annuler l’épreuve de 20 élèves de son établissement car un des professeurs convoqués l’était aussi ailleurs au même moment.

Pour les épreuves d’oral de français, il en a été de même. Des élèves souvent stressés ont attendu des heures un professeur qui ne venait pas, et ont été convoqués de nouveau le lendemain pour s’entendre dire qu’il fallait revenir en septembre au rattrapage.

Ce mépris des élèves indigne bien sûr leurs enseignants tout comme les fausses excuses du ministère. Pour les jurys d’harmonisation, censés repêcher grâce aux dossiers scolaires les élèves proches de la moyenne, les professeurs ont été convoqués une première fois jeudi 1er juillet, puis décommandés. Convoqués de nouveau le lendemain, certains sont arrivés dans leur lycée de jury pour apprendre qu’ils devaient revenir lundi, la veille de la proclamation des résultats.

Cette désorganisation est la conséquence des suppressions de postes au SIEC. Le ministère, fort de sa nouvelle réforme qui devait permettre des économies substantielles en allégeant le bac, a mis la charrue avant les bœufs et a supprimé des postes essentiels.

Aline URBAIN