Rapport du GIEC : les bons conseils ne refroidiront pas le climat

30 Juin 2021

Une version préliminaire du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été rendue publique le 23 juin. Enchaînant les constats et les prévisions inquiétantes, il s’adresse pêle-mêle aux gouvernements, aux entreprises et aux simples citoyens pour les appeler à limiter le réchauffement.

Encore plus alarmant que ceux qui l’ont précédé, ce texte évoque des conséquences irréversibles pour l’espèce humaine dès 2050. Ces conséquences dramatiques, les dirigeants politiques et économiques les connaissent depuis longtemps : chaque rapport du GIEC n’est publié qu’après avoir été validé à l’unanimité par 195 États, et la conférence mondiale sur le climat actuellement en préparation est déjà la 26e du nom (COP26) !

Le constat est donc patent, mais ses auteurs sont loin d’attaquer le mal à la racine, c’est-à-dire de contester l’organisation sociale capitaliste. Que dirait-on d’un médecin qui se contenterait de prières pour combattre un virus mortel ? Ainsi ont fait les prêtres de toute obédience, et certains le font encore pour combattre le Covid ou d’autres calamités. On qualifie alors d’ignorants et de criminels ceux qui prétendent combattre le mal par la superstition, au lieu d’administrer les remèdes efficaces, ceux de la science, pour sauver les hommes.

C’est pourtant là l’attitude de toutes les forces qui se déclarent peu ou prou « défenseurs de l’écologie », de quelque groupement ou faction qu’ils soient. Pas un n’a le courage de s’attaquer à la domination de la classe capitaliste, à ses règles, à sa dictature de fait sur le monde. Tout au plus, déclarant qu’« il faut que ça change », ils appellent à manifester pour demander aux dirigeants de cette classe sénile de se montrer raisonnables et de se transformer en défenseurs du genre humain. C’est bien loin du compte. Le capitalisme a mis la planète à feu et à sang depuis qu’il existe. Il a été responsable des deux guerres mondiales, des guerres permanentes contre les peuples à travers le monde, et potentiellement d’une troisième guerre mondiale à laquelle tous les États se préparent. Le capitalisme, avec l’appui des gouvernements, poursuit la destruction des espaces vitaux, en connaissance de cause et en sachant les conséquences. Demander aux dirigeants de ce monde-là de changer est un aveu d’impuissance.

Mais, comme l’ont dit Marx et Engels il y a déjà 165 ans, la société capitaliste ne peut être qu’une étape de l’histoire de l’humanité, et certainement pas la dernière. Le système capitaliste ne peut cependant être abattu que par la classe qu’il a lui-même créée et qui n’a que ses chaînes à perdre : le prolétariat, la classe ouvrière mondiale. Il faut pour cela, non des prières, mais un programme communiste, pas des conseils de savants, mais un parti mondial de la révolution et, loin des processions et des incantations, le mouvement réel de la lutte de classe.

Paul SOREL