Natixis : naufrage en vue

30 Juin 2021

La BPCE, la maison mère du groupe Banque populaire et Caisse d’épargne, lance une offre publique d’achat (OPA) sur Natixis.

Si celle-ci est menée à terme, en se faisant acheter des actions Natixis à quatre euros, nombre de salariés et petits épargnants perdraient 80 % de leur mise de départ.

L’histoire de Natixis remonte à 2006. Les Caisses d’épargne disposaient alors encore, avec La Poste, d’un monopole sur les livrets A. L’argent centralisé était affecté au financement du logement social et permettait de rémunérer, quoique avec des taux fort modestes, l’épargne populaire. Posséder un livret A offrait alors une certaine garantie de mettre ses économies à l’abri.

Les choses ont radicalement changé avec la création de la banque d’affaires Natixis. Il s’agissait, sous couvert d’offrir aux épargnants des placements plus rentables, de détourner l’argent récolté des missions d’intérêt général au profit d’opérations spéculatives. Faisant confiance à leur conseiller financier, 1,5 million d’épargnants achetèrent des actions Natixis à 19,55 euros, avec la promesse qu’elles ne pouvaient que grimper. Non seulement elles ne grimpèrent pas, mais elles tombèrent à 0,76 centimes, lors du krach de 2008 ! Natixis avait acheté des titres pourris, notamment des subprimes.

Aujourd’hui, la BPCE propose de racheter ces actions à seulement 4 euros. Si les épargnants refusent, la banque menace de leur forcer la main en s’appuyant sur une disposition du Code monétaire et financier. De nombreux salariés, qui n’ont rien à voir avec ces opérations, vont également perdre une bonne partie de l’épargne salariale dont Natixis avait obtenu la gestion. Le 24 juin, le tribunal correctionnel de Paris devait rendre son jugement sur la banque, poursuivie pour la diffusion d’informations fausses ou trompeuses. Mais même un jugement défavorable n’amènera pas la BPCE à rendre leur argent à ceux qu’elle a spoliés.

D. A.