Gauche de gouvernement : prêts à repartir comme avant

30 Juin 2021

Depuis le second tour des élections régionales et départementales, le 27 juin, les dirigeants de gauche multiplient les fanfaronnades.

Le PS, tout revigoré d’avoir conservé ses cinq régions, aimerait retrouver son leadership à gauche. Et d’expliquer, comme son premier secrétaire, Olivier Faure : « Les dynamiques les plus fortes se font derrière les candidats socialistes, et pas les écologistes. » Quant aux écologistes, après leurs relatifs succès aux élections européennes de 2019 et aux municipales de 2020, ils escomptaient être les leaders de cette gauche de gouvernement. Et ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas gagné de région qu’ils comptent y renoncer. La France insoumise, elle, n’a rien gagné dans ce scrutin, mais insiste sur la suprématie de son champion, Jean-Luc Mélenchon, qui serait le mieux placé en vue de la présidentielle. L’union de la gauche est un combat… Quant au PCF, qui a perdu, avec le Val-de-Marne, le dernier conseil départemental qu’il dirigeait, il s’est targué de sortir « globalement renforcé » du scrutin. En réalité, s’il a gagné des élus, c’est à la faveur d’unions avec les présidents de région PS, en échange de quelques postes à l’exécutif régional. Et quand il a refusé l’union, comme en Normandie, c’est que le PS ne lui proposait pas assez de strapontins.

66 % des électeurs se sont abstenus, et souvent plutôt 80 % ou 85 % dans les quartiers populaires. La pandémie a fait 110 000 morts. Le chômage et la précarité frappent durement, et de nouvelles attaques sont en préparation. De toute évidence, les différents partis de gauche ne réussissent pas à susciter suffisamment d’espoirs, ou d’illusions, au sein des classes populaires pour mobiliser leurs suffrages dans les urnes. Certains de leurs dirigeants, bien contraints de le constater, déclarent d’ailleurs qu’il faut en trouver le moyen. Mais pour quoi faire ?

Si la gauche, toutes tendances confondues, ne réussit pas à mobiliser les électeurs, c’est que ses expériences de gouvernement sont trop proches. Ses électeurs ne peuvent pas avoir oublié ses trahisons, et notamment les dernières en date, celles de la présidence Hollande. Et pourtant les dirigeants de la gauche de gouvernement continuent à se demander imperturbablement comment remobiliser leurs électeurs pour refaire… la même politique.

C’est avouer que leur seule véritable préoccupation est de retrouver leurs places dans les différentes institutions et que l’intérêt des travailleurs et des classes populaires n’est pas leur souci. Comment s’étonner que ceux-ci le leur fassent sentir ?

Michel BONDELET