Choose France : mise en scène macronienne

30 Juin 2021

Macron a invité 120 patrons étrangers à Versailles, dans le cadre du sommet Choose France. Comme lors des rencontres précédentes, il s’agit de les inciter à investir en France, où la législation en matière économique est de plus en plus favorable au patronat.

C’est aussi un épisode d’autopromotion de la politique présidentielle, précampagne pour 2022 oblige !

Macron s’est mis en scène à Douai pour promouvoir le sauvetage de l’emploi par la société chinoise Envision, qui produirait des batteries en partenariat avec Renault : deux milliards d’euros, pour un millier d’emplois peut-être en 2024. Le reste de Choose France est à l’avenant. C’est l’annonce de quelques dizaines de millions d’investissements de firmes milliardaires, de l’agroalimentaire, de la pharmacie ou de la distribution, qui voient là l’occasion d’améliorer leur site en France, voire de le reconstruire à moindre frais, ou pour rien. Ainsi Mondelez, géant américain du chocolat, promet seulement, avec 80 millions, de maintenir les 135 emplois dans son usine rénovée dans le nord de la France. NovoNordisk, leader mondial de l’insuline, promet 50 millions pour améliorer son usine de Chartres.

Combien ces patrons vont-ils gagner en subventions directes ou indirectes, en crédit impôt recherche, en baisse d’impôts sur les sociétés ou avec la réduction des impôts de production, ces taxes obligatoires payées par les entreprises qui dès 2021 vont baisser de 10 milliards ? En tout cas, selon la presse économique, une des premières demandes des dirigeants des multinationales a été de s’assurer de la rapidité des versements des aides prévues par le plan de relance.

Avec Choose France, Macron continue sa politique de poudre aux yeux. Il y ajoute même un mépris particulier pour les travailleurs, puisqu’il va continuer à solliciter des groupes comme Adecco, spécialisé dans l’exploitation de travailleurs précaires, ce qui laisse mal augurer de la prétendue défense de l’emploi. Il envisage aussi de rencontrer le PDG d’ArcelorMittal qui, après avoir reçu des milliards de subventions, a licencié en masse.

Les politiciens s’étonnent parfois d’être traités de paillassons du patronat. On se demande bien pourquoi.

Sylvie MARÉCHAL