Aéroports de Paris : une mobilisation réussie

23 Juin 2021

Vendredi 18 juin, plus de 1 000 travailleurs d’ADP ont manifesté dans les aéroports de Roissy et d’Orly contre les attaques de la direction qui veut baisser les salaires. Ce jour-là, celle-ci a dû reconnaître près de 50 % de grévistes. Cette réussite d’une première journée de mobilisation prépare bien la grève prévue à partir du 1er juillet.

Cela fait un an que la direction d’ADP cherche à tailler à la hache dans les effectifs, à casser les conditions de travail et à baisser les salaires. Elle n’a cessé d’expliquer que la baisse du trafic aérien mettrait l’entreprise en grande difficulté, mais cette justification convainc de moins en moins.

Ces attaques avaient déjà provoqué une mobilisation à l’automne dernier, qui avait obligé la direction à reculer provisoirement. Ayant échoué à faire valider un accord collectif, elle a annoncé l’envoi à tous les salariés d’un avenant modifiant le contrat de travail. Il impliquerait des baisses de rémunération de l’ordre de 20 %, et la mobilité obligatoire entre les deux aéroports. Ceux qui contesteraient l’avenant seraient menacés de licenciement.

Il y a trois semaines, 150 travailleurs ont saisi l’occasion de l’inauguration d’un terminal à Roissy pour manifester. Un autre secteur, les pompiers, a pris le relais le lendemain, avançant l’idée d’une grève le 18 juin pour battre le fer tant qu’il est chaud. Toute la semaine précédant cette journée, environ 500 personnes ont participé aux multiples heures d’information organisées entre Roissy et Orly. Certains se sont donné rendez-vous pour faire des pancartes ou pour circuler dans des services.

Le 18 juin, à Roissy, plusieurs cortèges ont été organisés. Au total, plus de 700 travailleurs ont défilé jusqu’à midi, où une assemblée s’est tenue. L’un des cortèges a réussi à entrer dans les aérogares. Des vols ont été retardés, mais surtout, de nombreux travailleurs des entreprises sous-traitantes ont exprimé leur soutien à ceux d’ADP. Il faut dire que tous les patrons de la zone aéroportuaire profitent de la crise pour mener la même offensive.

À Orly, la manifestation a regroupé plus de 300 travailleurs. La préfecture n’ayant pas donné son feu vert, ils ont envahi les halls et « aidé » les passagers à sortir gratuitement des parkings. Tout le monde a été encouragé par cette journée, avec l’idée qu’ADP a de l’argent et que ces attaques sont injustifiables.

La question de renforcer la mobilisation pour préparer au mieux la grève prévue à partir du 1er juillet est posée. Deux journées d’action, les 25 et 26 juin, ont été décidées. Des contacts se font entre services et des travailleurs se regroupent pour organiser des actions.

La direction sait bien que l’énorme concentration de travailleurs dans les aéroports de Roissy et d’Orly peut avoir un potentiel explosif. Tous ont les mêmes problèmes et se reconnaissent forcément dans les luttes qui s’engagent.

Correspondant LO