Clinique Bordeaux Rive-droite : trois semaines de grève pour les salaires

16 Juin 2021

La grève des soignants de la clinique Bordeaux Rive-Droite, commencée le 17 mai, a pris fin le 9 juin et a entraîné la moitié des 400 salariés de la clinique. Démarrée aux services des Urgences, elle s’est étendue rapidement à la plupart des autres services, de la cardiologie, de la maternité, de la dialyse.

Les travailleurs se sont mis en lutte à cause des salaires insuffisants et de conditions de travail qui n’ont cessé de se dégrader, comme dans tout le secteur de la santé. Le sous-effectif chronique a atteint des niveaux insupportables depuis un an, et lorsque la direction a remis en cause les congés posés pour l’été, cela a été la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Depuis le début de la grève, la direction a usé et abusé de la réquisition des agents, au point que le juge des référés l’a obligée à renoncer à cette procédure pour une partie des travailleurs.

Face à la détermination des grévistes, la direction a dû faire des promesses d’embauche. Sur les salaires, en plus de 60 euros brut d’augmentation pour les infirmiers de deux services, chirurgie et ambulatoire, elle a dû accepter une augmentation de la prime de nuit, la journée de 12 heures payée 12, alors que jusqu’à présent on leur déduisait les 20 minutes de pause. Cela fait un gain d’environ 50 euros mensuels pour les salariés en journée de 12 heures.

Bien sûr, la concession est limitée, mais les grévistes sont fiers, à juste titre, d’avoir affronté une direction peu habituée à ce que les salariés lui tiennent tête.

La clinique appartient au groupe GBNA, qui possède trois autres cliniques à Bordeaux, une à Arcachon, plus un Ehpad, et qui vient d’acheter deux cliniques à Pau. Ce groupe de santé privé a réalisé 1,3 million d’euros de bénéfice en 2020 uniquement sur la clinique Rive-droite. Autant dire qu’il a les moyens de payer, mais qu’il préfère les garder plutôt que de satisfaire les salariés.

Tout au long de ces trois semaines, les grévistes, majoritairement des femmes, se sont retrouvées tous les matins au rond-point devant la clinique, où elles ont reçu des encouragements de la part des familles des patients et de salariés d’entreprises environnantes.

Mardi 7 juin, s’étant rendues à la clinique Bordeaux-Nord, la plus grosse unité du groupe, siège de la direction, elles y ont été accueillies par une trentaine de soignantes qui ont débrayé à cette occasion. Le directeur du groupe a cru bien faire de descendre parmi les grévistes. Mal lui en a pris, celles-ci lui ont exprimé leur ras-le-bol des efforts consentis à sens unique, et lui ont fermement renouvelé leurs revendications d’augmentation des salaires.

Cette grève a de quoi inquiéter les dirigeants du groupe et, au-delà, tous les patrons de la santé privée, car le feu couve sous la cendre, le mécontentement est présent dans bien des services, et il pourrait bien y avoir pour les patrons un retour de flamme.

Correspondant LO