Réforme des retraites : c’est toujours non !

09 Juin 2021

En précampagne présidentielle, Macron a relancé son projet d’attaque des retraites, suspendu après deux mois de grèves et de manifestations.

Alors qu’il s’agit d’une attaque contre les travailleurs et les retraités, la main sur le cœur, le président se présente en défenseur des titulaires de petites pensions qui gagnent moins de 1000 euros par mois.

C’est ainsi que Macron justifie le retour sur la table de la réforme des retraites. « Est-ce que nous pouvons ne rien faire sur la retraite dans les mois qui viennent ? » s’est-il doctement demandé lors de son déplacement dans le Lot, avant d’affirmer : « La France est un des pays où on travaille le moins. » Il fallait oser, alors que la crise a jeté à la rue des centaines de milliers de travailleurs, et va sans doute en jeter des centaines de milliers d’autres dans les prochains mois. Dans ce contexte, vouloir faire travailler les salariés encore davantage, que ce soit en reculant l’âge de départ en retraite, par exemple de 62 à 64 ans, ou en augmentant les années de cotisation nécessaires à une retraite pleine, peut-être jusqu’à 43, est encore plus indécent que lors de la première mouture de cette réforme en 2019.

Celle-ci avait alors suscité un des mouvements de grève les plus importants de ces dernières années, notamment dans les transports, mouvement qui s’est éteint avec le début de l’épidémie et le premier confinement. Mais, pendant des semaines, les grévistes avaient dénoncé cette réforme, qui prétend faire travailler toujours davantage les actifs sous prétexte de donner le surplus aux petites retraites. En réalité, depuis des années, avec les multiples réformes des retraites, dont celle-ci n’est que le dernier avatar, les pensionnés ont beaucoup perdu.

Et puis, surtout, c’est passer sous silence que les petites retraites sont la conséquence directe du bas niveau des salaires des travailleurs actifs. Elles sont le résultat des temps partiels imposés, des petits boulots, des contrats précaires, du gel des salaires, c’est-à-dire au bout du compte de la politique du patronat et des gouvernements à son service.

Pour l’instant, Macron sait que la question est délicate, à quelques mois de l’élection présidentielle, et il craint, comme les autres responsables politiques, de rallumer la mèche de la contestation. Mais il ne faut pas s’y tromper : il cherche l’angle d’attaque. Les travailleurs doivent opposer leurs propres exigences : pour financer les salaires et les retraites, il faut prendre sur les profits.

Camille PAGLIERI