Grève des AESH : “AESH en colère – enfants, écoles, parents en galère”

09 Juin 2021

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), majoritairement des femmes, ont fait grève et manifesté jeudi 3 juin.

Accompagnées de professeurs et de parents, elles ont dénoncé l’inaction du gouvernement quant à l’organisation d’un accueil satisfaisant des élèves en situation de handicap dans les écoles.

« Se lever pour moins de 800 euros, c’est insultant », pouvait-on lire sur une pancarte. Ces travailleuses subissent le temps partiel, souvent entre 20 et 24 heures par semaine, et sont payées au smic horaire. La plupart des 110 000 AESH sur le territoire ne gagnent pas plus de 800 euros par mois, et beaucoup sont obligées de cumuler deux emplois pour atteindre un salaire leur permettant de vivre. Sous contrat à durée déterminée, elles vivent en outre l’angoisse de son non-renouvellement. Elles condamnent aussi la création des pôles inclusifs d’accompagnement personnalisé (PIAL) mis en place par le gouvernement en 2019. Ces pôles, censés mutualiser les aides aux élèves en situation de handicap, dégradent encore plus leurs conditions de travail.

Des AESH jonglent entre sept à huit élèves dans la semaine, d’autres s’occupent de plusieurs élèves dans une même classe, certaines changent d’établissement dans la journée. Leurs emplois du temps peuvent être modifiés du jour au lendemain pour combler les manques d’accompagnants. C’est épuisant et difficile, car chaque enfant a des besoins spécifiques selon son handicap. Et, comme il n’y a pas de formations, les AESH doivent faire des recherches de leur côté pour savoir comment aider au mieux les élèves dont elles s’occupent.

Ce sont des conditions de travail inacceptables, avec des embauches insuffisantes. En Seine-Saint-Denis, département le moins bien doté en AESH, 24 000 heures d’accompagnement ne sont pas honorées. Les élèves sont laissés seuls dans les classes. Pourtant il ne manque pas de témoignages de personnes ayant postulé mais n’ayant jamais eu de réponse.

Fatiguées de subir l’irresponsabilité du gouvernement, les AESH ont décidé de prendre leur sort en main en se mobilisant.

Joséphine Sina