Pollution automobile : étranglés financièrement pour mieux respirer ?

02 Juin 2021

Depuis le mardi 1er juin, les véhicules diesel immatriculés avant 2006, classés Crit’Air 4, ne peuvent plus circuler en région parisienne dans la zone limitée par l’autoroute A 86.

Ce périmètre, la zone à faible émission (ZFE), comprend, outre la capitale, 79 communes de proche banlieue. Des villes de province comme Lyon ou Grenoble ont également adopté le dispositif.

Cette décision est censée diminuer la pollution dans les grandes villes et de réduire le nombre de décès qui lui sont imputables. Cela est certes louable, même s’il y aurait bien d’autres mesures à prendre pour arriver à cet objectif, à commencer par le développement d’un réseau de transports en commun pouvant éviter aux travailleurs de prendre leur véhicule pour se rendre là où ils travaillent. Mais reste que l’obligation de remplacer sa voiture va prendre à la gorge la partie la plus pauvre de la population.

Actuellement, un peu plus de 209 000 véhicules individuels et 27 500 utilitaires circulent avec la vignette Crit’Air 4 dans la zone concernée. Leurs propriétaires, pour la plupart, n’ont pas les moyens de les remplacer. Les aides existantes ne suffisent pas à financer l’achat d’un véhicule neuf, et l’acquisition d’une voiture d’occasion relativement bon marché, souvent juste un petit peu moins polluante, ne fait que repousser le problème. Les critères vont en effet progressivement se durcir jusqu’à l’interdiction totale des véhicules diesel et essence au profit des voitures électriques, prévue pour 2040.

Ce renouvellement forcé du parc automobile, sous la menace d’amendes, va représenter une ponction financière pour tous les travailleurs. À une époque où les trusts de l’automobile et du pétrole se vantent d’être plus verts les uns que les autres, ce serait à eux de le financer.

Daniel MESCLA