Ikea – Saint-Quentin-Falavier : débrayage pour les salaires

02 Juin 2021

À l’entrepôt logistique d’Ikea de Saint-Quentin-Fallavier, situé dans l’Isère, à 20 km de Lyon, et qui s’occupe exclusivement des commandes Internet, les bénéfices de l’année 2020 ont été les meilleurs jamais enregistrés, du fait de la fermeture des magasins grand public de l’enseigne.

Les conditions de travail y sont difficiles, des marchandises comme la vaisselle doivent être récupérées à la main en se baissant dans les racks, pour être ensuite conditionnées, occasionnant des douleurs au dos. Pour les marchandises déjà en carton ou sur palette, les quelque 300 préparateurs de commande utilisent des transpalettes auto-portés ou des chariots élévateurs. Mais ces engins tombent régulièrement en panne, tant l’entretien est le cadet des soucis de la direction. Les intérimaires représentent 40 % des effectifs de l’entreprise et le « diviser pour régner » du patron est visible : les CDI et CDD ont un gilet jaune pour le travail, les intérimaires un gilet orange et les stagiaires un gilet bleu. Les salaires sont à 1 200 euros et seuls ceux qui travaillent la nuit peuvent espérer toucher 1 800 euros.

Pour remercier les travailleurs de cet entrepôt des bénéfices record, la direction les a accueillis un matin en leur offrant… un petit pain au chocolat décongelé et une brique de jus de fruits ! Un tel mépris n’a pas rempli les estomacs mais a bien nourri la colère. Vendredi 28 mai, une centaine de travailleurs ont débrayé toute la journée, à l’appel d’une intersyndicale FO-CFDT-SUD-CGC, pour réclamer une prime de 1 000 euros, des augmentations de salaire ainsi que l’embauche des intérimaires. Les grévistes dénonçaient surtout l’attitude de la direction : « On n’est pas des chiens ! » disaient-ils. Une cinquantaine de grévistes se sont rassemblés devant l’entrepôt, dans une ambiance fraternelle autour d’un barbecue, tandis que des cadres inquiets tournaient autour, ne s’attendant visiblement pas à un tel débrayage.

Pour l’instant, le patron n’a pas répondu aux revendications, mais a déjà dû changer de ton face à des travailleurs qui ont relevé la tête. L’idée qu’il faudra de nouveau débrayer fait son chemin, s’appuyant notamment sur l’exemple des travailleurs de FM Logistic de Gennevilliers dans la région parisienne, sous-traitants d’Ikea. Après une semaine de grève en mars dernier, ceux-ci ont obtenu des augmentations de salaire et une prime de gazole. Pas sûr donc que le patron en ait fini avec la contestation !

Correspondant LO