Aide sociale à l’enfance : assistants familiaux dans la rue

02 Juin 2021

Les assistants familiaux étaient en grève le 20 mai dans de nombreuses villes de France, à l’appel de la CGT services publics, pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer des hausses de salaire. Des rassemblements se sont tenus devant les conseils départementaux et les préfectures.

Les 40 000 travailleurs du secteur prennent en charge, en les accueillant à leur domicile, les 76 000 mineurs ou jeunes adultes de moins de 21 ans séparés de leurs parents par décision judiciaire. Agents non titulaires, leurs salaires diffèrent selon les départements qui les emploient et n’atteignent même pas partout le smic. La précarité financière est encore renforcée par le fait que les enfants peuvent leur être retirés du jour au lendemain.

Si le métier est reconnu depuis 2005 par la création d’un diplôme d’État, la majorité des assistants familiaux n’ont reçu qu’une formation d’à peine 60 heures. Les manifestants ont témoigné d’une dégradation de l’état de santé physique et mentale des enfants qui leur sont confiés. Ils sont de plus en plus souvent confrontés à des problèmes d’addiction, de violence et de décrochage scolaire, sans qu’aucune formation spécifique ni aide extérieure leur soient apportées.

Dans de nombreux départements, face à la pénurie de familles d’accueil, dont le nombre a baissé de 10 000 ces dix dernières années, des assistants familiaux sont incités à accepter des placements d’enfants en urgence au-delà du nombre de trois prévu par la loi. Ces situations qui devaient être temporaires se pérennisent bien souvent, au détriment de l’ensemble des membres de la famille.

Le secrétaire d’État à la Protection de l’enfance, Adrien Taquet, a annoncé la présentation d’une loi au Parlement en juillet qui devrait notamment fixer une rémunération minimale pour l’accueil d’un enfant par un assistant familial. Mais ce minimum ne sera certainement pas très élevé. Quant aux moyens qu’il serait nécessaire de débloquer pour permettre à l’Aide sociale à l’enfance de prendre en charge correctement les enfants, rien n’est prévu. Autant dire que d’autres mobilisations seront encore nécessaires.

David Mencas