Renault : contre les suppressions d’emplois

26 Mai 2021

Jeudi 20 mai, des centaines de travailleurs de Renault, de la sous-traitance et des fonderies dont les emplois sont menacés ont manifesté devant plusieurs sites industriels, de stockage, et des centres techniques.

Les manifestants étaient 300 à Lardy, 120 à Aubevoye, 70 à Guyancourt, pour dénoncer les 15 000 suppressions d’emplois programmées dans le monde et déjà bien entamées par les dirigeants de Renault, dans leurs sites propres et chez les sous-traitants. Les salariés présents pointaient du doigt les 2 500 postes qui disparaissent dans l’ingénierie-tertiaire, notamment par l’externalisation de la maintenance des moyens d’essais, qui se fera immanquablement au détriment des travailleurs.

Des travailleurs des fonderies du Jura, du Poitou, de Caudan et de Cléon, menacés eux aussi, étaient venus à l’un ou l’autre de ces rassemblements, parfois faisant le chemin ensuite jusqu’au Centre de pièces de rechange Renault de Sens-Villeroy. Là, plusieurs centaines de salariés étaient rassemblés, dont un groupe venant de l’usine de Flins, où la direction de Renault veut arrêter la production de voitures pour ne garder que des activités réduites. Des salariés d’usines proches étaient venus au rassemblement, en soutien à leurs camarades menacés de se retrouver sans emploi et sans salaire, comme nombre de leurs collègues en Algérie, au Maroc, en Espagne ou en Roumanie.

La baisse de la production (d’environ 30 %) qui sert de prétexte à ces suppressions d’emplois, qu’elle résulte d’une baisse des ventes ou d’un changement de stratégie des capitalistes à la tête de l’entreprise, n’est pas du fait des travailleurs de toutes ces usines et de tous ces bureaux. Ce choix des patrons ne doit pas se traduire par la mise au rencart de milliers de travailleurs et la mise en danger de la santé des autres par des rythmes de travail délirants et chaotiques, faisant fi des congés prévus et de la vie personnelle des salariés. Le calcul est simple : il reste 70 % de la production à effectuer, cette charge de travail doit être répartie entre tous les travailleurs de tous les sites en France et dans le monde.

Répartir le travail entre tous ceux qui travaillent entre les murs de Renault, quel que soit leur statut, leur contrat, sans baisser les salaires qui sont le seul patrimoine des ouvriers, est une mesure de survie dans la crise qui perdure et s’approfondit. Les compétences de tous le permettent, les profits par milliards accumulés par les capitalistes actionnaires également.

Correspondant LO