Pass Culture : une macronnade de plus

26 Mai 2021

Vendredi 21 mai, Macron s’est déplacé jusqu’à Nevers, accompagné de Roselyne Bachelot, pour lancer le Pass Culture destiné à tous les jeunes de 18 ans, sans condition de ressources.

Testé depuis deux ans dans quatorze départements, ce Pass va être généralisé à l’ensemble du pays, mais son montant diminue, passant de 500 à 300 euros pouvant être dépensés sur deux ans, et ensuite la manne s’arrêtera. Il pourra être utilisé pour acheter des billets de cinéma, de musée ou de spectacle, ainsi que des livres, des disques, du matériel numérique, et payer des cours artistiques. Cependant, pour avoir accès à certains plateformes vidéo, il faudra qu’elles soient françaises. Cocorico, chante le coq Macron ! Il n’y a pourtant pas de quoi se féliciter.

Tant mieux pour les jeunes s’ils peuvent se permettre quelques distractions avec cet argent, même si cela ne va pas chercher loin, quand on connaît le prix de certains concerts ou matériel. Mais la ficelle est quand même un peu grosse et on voit bien qu’une fois de plus Macron cherche avant tout à soigner son image par une mesure tape-à-l’œil qui n’a rien à voir avec les attentes des jeunes.

Ceux qui font des études s’angoissent à la perspective d’avoir perdu une année et de devoir reculer d’autant leur recherche d’un travail. En attendant, il leur faut continuer à se nourrir et à payer un loyer, quand la famille n’habite pas sur place. Ils sont nombreux à en être réduits à faire la queue pour recevoir de la nourriture fournie par des organisations humanitaires, n’ayant même pas les moyens de se payer de quoi manger. Quant aux jeunes travailleurs, leur avenir est carrément bouché, entre les petits boulots mal payés finissant sur un licenciement et le chômage.

Ouvrir la culture aux jeunes, ce n’est pas un peu d’argent lancé une fois pour toutes devant des caméras de télévision. C’est, pour commencer, donner des moyens aux établissements scolaires, pour permettre aux jeunes de s’épanouir dans les meilleures conditions possibles ; ensuite, les former pour qu’ils puissent avoir un emploi suffisamment rémunéré pour vivre décemment, avoir du temps pour eux et l’envie de développer leurs connaissances. Mais ce n’est pas de végéter dans une société étriquée ne valorisant que l’esbroufe, l’argent et le luxe inutile aux dépens des talents, en échange tout au plus d’une aumône.

Marianne LAMIRAL