Logement : une ministre ne fait pas le printemps

26 Mai 2021

Interrogée à France-Inter le 21 mai, la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a confirmé que la trêve hivernale prendrait bien fin le 1er juin. Les 30 000 familles expulsables, selon ses chiffres, le seront donc dans les mois qui viennent.

En revanche, la ministre a garanti que les 200 000 hébergements d’urgence, ouverts notamment en raison de la pandémie, le resteront jusqu’au printemps prochain, voire que d’autres seraient mis en place. Ce plan coûterait 700 millions d’euros, a dit fièrement la ministre, préparant manifestement l’argumentaire des candidats macronistes et de Macron lui-même pour les prochaines élections.

Mais que sont ces 200 000 places, alors qu’il y avait au moins 300 000 sans-logis avant la crise et que leur nombre augmente au rythme de l’appauvrissement de la population ? Que sont 700 millions d’euros pour loger un demi-million de personnes au vu des centaines de milliards que l’État offre à une poignée de milliardaires ?

La ministre ne craint ni la poursuite de la crise du logement ni le ridicule car, dit-elle, l’activité va reprendre, les salaires vont augmenter, les familles vont de nouveau pouvoir payer leur loyer. Donc il serait inutile de mettre les bâtiments vides à la disposition des mal-logés, inutile de contraindre les communes riches à construire leur part prétendument obligatoire de logements sociaux, inutile de réquisitionner terrains et moyens pour édifier les centaines de milliers de logements manquants.

Il est en fait inutile pour les familles populaires d’attendre autre chose de ce gouvernement que des boniments et des discours d’autopromotion, en matière de logement comme en toute autre matière.

Paul GALOIS