Roussel sur le terrain de la droite

19 Mai 2021

Tout juste désigné par les militants du PCF pour être le candidat communiste à l’élection présidentielle de 2022, Fabien Roussel s’est répandu dans les médias en propos sécuritaires.

« Il ne faut pas laisser l’idée que la gauche serait laxiste sur cette question-là, et moi, je vous le dis, je ne le serai pas », a déclaré Roussel sur BFM le 12 mai. Dans le sillage de la campagne sécuritaire, amplifiée après le meurtre d’un policier à Avignon, le candidat du PCF ajoute donc sa voix à celle de Darmanin au gouvernement, et à celles des ténors de droite et d’extrême droite, pour revendiquer lui aussi des « sanctions plus dures et plus fermes » dès lors que l’on s’attaque « à des détenteurs de l’autorité publique ». Le gouvernement promet 10 000 créations de postes dans la police ? Roussel en revendique 30 000. Darmanin annonce sa participation à la manifestation organisée le 19 mai par les syndicats de police ? Roussel affirme qu’il en sera, avec les élus communistes.

La délinquance, la multiplication des incivilités et des agressions grandes et petites pourrissent la vie dans les quartiers populaires. Roussel le constate à juste titre, mais le candidat dit « communiste » en tire les mêmes conclusions que le gouvernement et revendique à son tour plus de policiers et de répression, tout en reprenant les propos démagogiques sur les sanctions pas assez sévères qui encourageraient les délinquants.

Le candidat du PCF ne trouve donc rien d’autre à dire pour répondre aux préoccupations de l’électorat populaire, sous prétexte de ne pas laisser le problème de la sécurité aux mains de la droite et de l’extrême droite. Mais aller chasser sur le terrain de ses ennemis politiques, sous prétexte de ne pas leur en laisser l’exclusive, n’a jamais offert de perspectives aux militants, et encore moins aux travailleurs.

Nadia CANTALE