Palestine-Israël : les Arabes israéliens, victimes du racisme officiel19/05/20212021Journal/medias/journalnumero/images/2021/05/2755.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Palestine-Israël : les Arabes israéliens, victimes du racisme officiel

Pour la première fois à cette échelle, les affrontements en cours en Palestine ont éclaté en plein territoire israélien entre Juifs et Arabes ayant la même nationalité israélienne.

Près de Tel-Aviv, dans les villes mixtes de Lod et de Bat Yam, des miliciens extrémistes juifs ont attaqué des Arabes à la sortie d’une mosquée et lancé des opérations punitives. Ils ont tué un jeune de 25 ans et tabassé jusqu’au coma un automobiliste, dont le lynchage a été retransmis en direct à la télévision. Des affrontements entre Juifs et Arabes ont eu lieu à Jaffa et Saint-Jean-d’Acre. Plus de 700 Arabes israéliens ont été arrêtés par la police pendant les manifestations.

Les Arabes israéliens sont des Palestiniens, descendants de ceux qui ont réussi à rester lors de la fondation d’Israël en 1948. Ils représentent aujourd’hui 20 % de la population du pays. Ils disposent du droit de vote mais restent considérés comme des citoyens de seconde zone. Soupçonnés systématiquement de ne pas être loyaux à l’État, ils sont écartés du service militaire et privés de nombreux emplois publics liés, même de très loin, à la sécurité du pays. À l’inverse, ils assurent en grande partie le fonctionnement des services de santé. La moitié des pharmaciens du pays, un quart des infirmiers et un médecin sur cinq sont Arabes. Et ils sont encore plus nombreux à occuper les postes moins qualifiés et plus mal payés dans les hôpitaux. Avec les « frontaliers » palestiniens venant chaque jour des Territoires occupés, ils forment la fraction la plus exploitée de la classe ouvrière d’Israël. Le salaire moyen des Arabes israéliens n’atteint que 70 % de la moyenne des salaires du pays, tandis qu’ils sont plus nombreux au chômage et dans la précarité.

À cette situation économique s’ajoute le racisme quotidien encouragé par le gouvernement Netanyahou. Pour se maintenir au pouvoir, celui-ci a systématiquement favorisé les partis suprémacistes juifs et intégristes religieux. Des partis fascisants, racistes, violents, homophobes, sont ainsi associés au pouvoir.

À Jérusalem-Est et en Cisjordanie, cela renforce les colons qui occupent des terres et rachètent des immeubles habités par des Palestiniens. Souvent, l’extrême droite parade en armes à proximité des quartiers arabes israéliens. Pour la flatter, en juillet 2018, Netanyahou a proclamé Israël « État national du peuple juif » et fait de l’hébreu la seule langue officielle du pays, au détriment de la langue arabe, transformant un peu plus les Arabes en sous-citoyens.

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